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27/09/2016

Bakou enquête sur les partisans de Gülen

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Bakou enquête sur les partisans de Gülen

[shutterstock]

L’Azerbaïdjan lance une chasse aux sorcières contre les partisans de Fethullah Gülen, l’intellectuel exilé aux États-Unis accusé d’être à l’origine de la tentative de coup d’État en Turquie.

Le procureur général de l’Azerbaïdjan a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire sur l’organisation FETÖ, que la Turquie tient pour responsable de la tentative de coup d’État et a officiellement inscrite dans sa liste de terroristes.

L’Azerbaïdjan entretient des liens étroits avec la Turquie, et Ankara soutient fermement Bakou dans son conflit avec les séparatistes arméniens au sujet de la région du Haut-Karabakh.

>> Lire : L’UE qualifie d’intenable l’escalade de violence dans le Haut-Karabakh

Selon les médias, FETÖ a une influence importante en Azerbaïdjan, tout comme dans d’autres anciennes républiques soviétiques parlant le turc.

« Pour protéger le territoire de l’Azerbaïdjan des agissements illégaux des membres de l’organisation terroriste de Fethullah Gülen, le procureur général a ouvert une enquête judiciaire », a expliqué à l’APF le porte-parole azerbaïdjanais, Eldar Sultanov. Il n’a cependant pas précisé combien de personnes devaient être interrogées.

L’allié de la Turquie a déjà mis fin à une chaîne télévisée privée qui avait diffusé une interview de Fetullah Gülen, peu de temps après la tentative de putsch.

La cour d’appel azérie a en effet annulé la licence de la chaîne ANS suite à la déposition d’une plainte du Conseil national de télévision et radio (NTCR). La loi permet d’interdire un médium qui diffuserait un contenu jugé, entre autres, extrémiste ou discriminatoire.

« L’ANS a pris une position en contradiction avec le partenariat stratégique entre les Azéris et les Turcs, en affichant son soutien à Fethullah Gülen et ses partisans, qui a instigué des événements sanglants ayant causé de nombreuses morts », a déclaré NTCR dans un communiqué.

Bakou a justifié la fermeture de la chaîne en soulignant sa volonté d’« éviter toute provocation visant à détériorer le partenariat entre la Turquie et l’Azerbaïdjan ».

Des représentants de l’ANS ont estimé que la décision de la cour n’était pas démocratique et ont exprimé leur intention de faire appel.

L’Azerbaïdjan n’est pas le seul pays qui semble vouloir aider la Turquie à faire comparaître les partisans de Fetullah Gülen en justice. Le 11 août, la Bulgarie a remis à la Turquie l’un de ses partisans présumé, Abdullah Büyük, un homme d’affaires turc qui avait demandé l’asile au pays européen.

>> Lire : L’extradition d’un partisan de Gülen suscite l’indignation en Bulgarie