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19/01/2017

Bruxelles étend l’aide aux producteurs touchés par l’embargo russe

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Bruxelles étend l’aide aux producteurs touchés par l’embargo russe

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[Brandon Doran/Flickr]

Le 30 juillet, la Commission européenne a annoncé le renforcement des mesures de soutien aux producteurs de fruits et légumes et à l’industrie laitière touchés par l’embargo russe en place depuis un an.

Les aides seront prolongées jusqu’au 29 février 2016 pour l’industrie laitière et jusqu’au 30 juin 2016 pour les producteurs de fruits et légumes, a déclaré la Commission européenne.

L’interdiction russe d’importer certains aliments produits en Occident sera prolongée de six mois, soit jusqu’en janvier 2016, et Moscou envisage à présent d’ajouter des produits à la liste. Cet embargo est une réponse aux sanctions mises en place par l’UE et les États-Unis suite à l’annexion de la Crimée. Il couvre les importations de fruits, légumes, viande, volaille, poisson, lait et produits laitiers.

>> Lire : La France agricole s’inquiète des conséquences de l’embargo russe

« Vu la prolongation de l’embargo [russe], nous devons continuer à fournir un filet de sécurité aux producteurs qui sont toujours confrontés aux conséquences difficiles de l’interdiction », a déclaré le commissaire à l’agriculture et au développement rural, Phil Hogan.

L’aide aux producteurs sera allouée aux États membres dont le volume d’exportations vers la Russie a été considérable les trois années précédant la crise.

Aides pour le stokage

Les mesures mises en place pour le secteur laitier comprendront des rachats publics et des aides pour le stockage privé pour le beurre et le lait écrémé en poudre, a expliqué la Commission dans une déclaration. Les mesures prévues pour faire augmenter les prix incluent aussi la distribution gratuite de fruits et légumes à des organisations caritatives, l’élimination de produits destinés au fourrage animal, le compostage et la distillation. La Commission a enfin mentionné la récolte en vert ou la non-récolte de fruits et légumes.

Environ 770 000 tonnes de fruits et légumes, en particulier des pêches et des nectarines, ont déjà été retirées du marché, ce qui a engendré une perte de 155 millions d’euros.

La Commission finalise actuellement les derniers détails des mesures de soutien, « afin d’adopter formellement les décisions légales pertinentes dans les prochaines semaines ». 

Moscou durcit l’embargo

De son côté, la Russie a décidé de renforcer son embargo sur les produits alimentaires occidentaux. Le 29 juillet, un décret publié par le Kremelin a indiqué que les marchandises visées par l’embargo saisies par les autorités seront désormais détruits et non plus renvoyés dans leur pays d’origine, comme d’était le cas jusqu’ici. 

>> Lire : L’UE prolonge les sanctions économiques contre la Russie

Contexte

En réponse aux sanctions imposées par l'Occident suite au conflit ukrainien, la Russie a effet interdit l'importation de certaines denrées alimentaires et boissons produites dans l'UE, ce qui pourrait poser des problèmes pour l’écoulement des produits agricoles européens.

Cette interdiction est entrée en vigueur en août 2014 et a forcé la Commission européenne à utiliser les fonds alloués à l'agriculture pour aider les producteurs touchés par ces restrictions.

Après les États-Unis, la Russie est la deuxième destination d'exportation des aliments produits dans l'UE. En 2013, les échanges avec Moscou représentaient 11,8 milliards d'euros, soit environ 10 % de toutes les exportations d'aliments issus de l'agriculture-élevage, selon les chiffres de la Commission. L'interdiction russe touche des produits agro-alimentaires qui représentaient 5,1 milliards d'euros en 2013, soit 43 % des exportations agro-alimentaires européennes vers la Russie, a indiqué l'exécutif européen.

Tous les secteurs ne sont cependant pas touchés de la même façon. Outre les mesures d'urgence de soutien du marché pour l'industrie laitière, la Commission a annoncé en août dernier qu'elle allouerait environ 32 millions d'euros aux producteurs de pêches et de nectarines, et 125 millions d'euros aux producteurs de fruits et de légumes périssables.

>> Lire : L'industrie laitière va toucher des compensations après l'embargo

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