Bruxelles prépare des sanctions contre certaines personnalités libyiennes

[Reuters]

Le 2 juillet, John Kerry, le Secrétaire d’État américain, entend demander à l’ONU d’être plus actif en Libye, où deux gouvernements rivaux luttent encore pour le pouvoir.

Le 12 juillet, plusieurs factions armées ont signé un accord encouragé par l’ONU visant à former un gouvernement unique et à faire cesser les combats. À Tripoli, le parlement mis sur pied à la place de l’assemblée élue, a rejeté cet accord.

« Nous ne pouvons pas laisser un ou deux ou trois groupes turbulents qui n’ont pas atteitn tous leurs objectifs pendant le conflit détruire tout le processus », a déclaré John Kerry lors d’une conférence de presse avec Sameh Shukri, le ministre égyptien aux Affaires étrangères. « Nous savons que nous devrons revoir plusieurs options et possibilités durant les jours à venir, afin d’obtenir un soutien plus important pour l’initiative de l’ONU. »

Les djihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont exploité le vide du pouvoir en Libye pour s’implanter dans ce pays, laissant craindre que les violences ne débordent vers l’Égypte voisine. Au début de l’année, des djihadistes de l’EI ont décapité en Libye 21 coptes égyptiens, et Le Caire a riposté en lançant des frappes aériennes contre les positions de l’EI dans l’Est libyen. Le chaos règne toujours en Libye, où deux gouvernement se disputent le pouvoir depuis l’éviction de Mouammar Kadhafi, il y a quatre ans.

Le parlement reconnu par la communauté internationale a validé le plan de paix de l’ONU, malgré l’opposition de certains membres de l’armée. À Tripoli, le congrès général national, l’assemblée rivale mise en place par certains partis islamistes, a rejeté l’accord en bloc.

John Kerry n’a pas precisé les mesures qu’il compte prendre. Washington et Bruxelles ont déjà tenté de mettre en place des sanctions à l’encontre de certaines personnalités libyennes qui s’opposent à l’accord de paix au niveau de l’ONU. Ces tentatives ont toujours été contrecarrées par Pékin ou Moscou.

Selon certains diplomates occidentaux, l’UE préparerait en ce moment des sanctions contre ces personnalités.

John Kerry a rencontré son homologue égyptien au Caire. Il a expliqué que les discussions avaient abordé la coopération accrue entre l’Égypte et les États-Unis sur la sécurité à la frontière avec la Libye. Malgré la préoccupation de Washington face à l’absence de réformes démocratiques, Le Caire demeure l’un des alliés les plus solides de Washington dans la région.

Si les Américains se félicitent de voir que le président Abdel Fattah al Sissi, ancien chef des forces armées, a stabilisé le pays, ils n’en critiquent pas moins, sur un ton prudent, les atteintes aux droits de l’homme et la répression dont sont victimes les Frères musulmans, dont était issu l’ex-président Morsi.