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01/10/2016

La Commission «très inquiète» du sort des réfugiés en Macédoine

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La Commission «très inquiète» du sort des réfugiés en Macédoine

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[Ben White/ CAFOD/Flickr]

La Commission européenne se dit « très inquiète » de la situation à la frontière gréco-macédonienne, après l’utilisation de gaz lacrymogène contre les réfugiés.

La fermeture partielle des frontières a empêché les réfugiés arrivés en Grèce de continuer vers le nord de l’Europe. Le 29 février, des gardes-frontières macédoniens ont utilisé du gaz lacrymogène pour repousser des migrants qui tentaient de traverser les barrières à la frontière.

« La Commission est très inquiète de voir ces images», a déclaré Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission. «L’ancienne République yougoslave de Macédoine a bien sûr le droit de défendre ses frontières, mais ces images montrent bien que la seule solution possible est une solution européenne, collective. »

>> Lire : L’UE tente d’empêcher une « crise humanitaire » sur la route des Balkans

La solution proposée par l’exécutif européen comprend la relocalisation de réfugiés par quotas dans l’UE et la création d’une agence de garde-frontières. À l’heure actuelle, plusieurs pays ont refusé d’accueillir des migrants. L’Irlande a rejoint les rangs des pays d’accueil volontaires le 1er mars.

>> Voire notre infographie: Les demandeurs d’asile en Europe, en chiffres (mai 2015)

Le ministre des Affaires étrangères macédonien, Nikola Poposki, a défendu l’utilisation de gaz lacrymogène, également utilisé le 29 février par la police française, qui rasait une partie du camp de réfugiés de Calais. « Les images montrent environ 400 jeunes hommes qui tentent d’entrer de force sur le territoire macédonien », a justifié Nikola Poposki au micro de la BBC le 29 au soir.

La Commission aurait décidé d’utiliser 700 millions d’euros d’aide humanitaire généralement envoyés à l’Afrique et au Moyen-Orient pour gérer le flot de réfugiés arrivant en Europe.

Si le plan est accepté, ces fonds serviront notamment à mettre en place des programmes d’urgence en Grèce, où plus de 7 000 migrants sont coincés par la fermeture des frontières. Une annonce officielle sera faite après une réunion des commissaires européens le 2 mars. Margaritis Schinas n’a pas donné de montant précis.

« C’est une étape nécessaire que la Commission doit prendre pour assurer les financements requis. Depuis le débit de la crise, la priorité a été de sauver des vies », rappelle-t-il.

Angela Merkel, la chancelière allemande, a déjà soutenu le projet lors du sommet du 19 février. Les autres pays européens et le Parlement devront également approuver le projet avant qu’il ne se concrétise.

Donald Tusk en campagne

La Macédoine est sur la « route des Balkans », empruntée par les réfugiés. Le président du Conseil européen est en déplacement dans la région pour encourager les pays concernés à coopérer.

Le 1er mars, il était à Vienne, où le gouvernement a limité le nombre de demandeurs d’asile autorisés à entrer en Autriche tous les jours. Cette mesure a déclenché un domino le long de la route des Balkans et d’autres pays ont suivi cet exemple, donc la Croatie et la Slovénie, deux États membres de l’UE.

Les dirigeants européens et le Premier ministre turc se rencontreront à Bruxelles le 7 mars lors d’un sommet sur la crise des réfugiés. La plupart des réfugiés passet par la Turquie avant d’arriver en Grèce.

L’UE a promis 3 milliards d’euros à la Turquie pour qu’elle puisse mieux s’occuper des réfugiés et les empêcher de passer en Europe. Ils examinent également la possibilité d’une libéralisation des visas pour les citoyens turcs, à la demande d’Ankara.

>> Lire : La Turquie hésite à lutter contre l’activité lucrative des passeurs

Ce sommet est une occasion de discuter de tous les aspects de la crise des réfugiés, notamment la réaction de la Turquie et l’introduction de contrôles stricts à la frontière autrichienne, a déclaré un porte-parole de l’exécutif européen.

Le 28 février, Angela Merkel a critiqué cette mesure autrichienne lors d’une interview à la télévision allemande. L’Allemagne est le pays européen qui a accueilli le plus de réfugiés.

>> Lire : La Grèce dénonce « l’erreur monumentale » de l’Autriche

Le 1er mars, la Grèce a annoncé avoir demandé 480 millions d’euros de fonds d’urgence à l’UE, afin de pouvoir loger 100 000 réfugiés. Le gouvernement estime que le poids économique de l’accueil menace sérieusement les finances du pays, déjà touché par une crise importante.

« Nous ne pouvons pas soutenir seuls tous les réfugiés qui arrivent […] ce sont des mesures temporaires, mais nous devons mettre en place une solution permanente quant à la réinstallation des réfugiés », assure Olga Gerovassili, porte-parole du gouvernement.

>> Lire : Lutter contre l’extrémisme pourrait devenir de l’aide au développement

 

 

Contexte

Les dirigeants européens rencontreront les représentants turcs à Bruxelles le 7 mars pour un sommet extraordinaire sur les réfugiés. La plupart des réfugiés qui arrivent en Europe passent par la Turquie, où ils montent dans des embarcations de fortune à destination des îles grecques. Depuis que la Macédoine a partiellement fermé ses frontières, des milliers de réfugiés sont coincés en Grèce.

>> Lire : Les dirigeants européens craignent une accélération de la crise migratoire en 2016

Prochaines étapes

  • 2 March: Planned launch of humanitarian aid plan
  • 7 March: Summit