La Croatie se rapproche un peu plus de l’adhésion à Schengen

La Commission européenne propose l’intégration progressive de la Croatie dans le système d’information Schengen (SIS), rapprochant ainsi le dernier État membre à être entré d’une adhésion totale à l’espace européen sans frontière.

L’exécutif s’apprête à proposer au Conseil européen l’intégration de la Croatie dans le système d’information Schengen (SIS), qui est le système de partage d’informations le plus utilisé pour le contrôle des frontières en Europe.

« C’est une autre étape importante vers une amélioration efficace de l’échange d’informations entre les États membres et un renforcement de la sécurité des citoyens européens », a déclaré la Commission dans un communiqué.

« Cela permettra une meilleure coopération entre la Croatie et les autres États membres d’une part, et les pays associés à Schengen d’autre part, dans la recherche de personnes poursuivies pour activités criminelles, de personnes disparues ou d’objets disparus comme des voitures ou des documents volés. »

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La Croatie satisfait les exigences techniques et juridiques de l’évaluation Schengen. Le processus d’intégration peut donc commencer, a ajouté la Commission.

À ce stade-là, la Croatie pourra exploiter le SIS seulement dans le but d’une coopération policière.

L’ancien pays yougoslave a rejoint l’UE en 2013 et espère être pleinement admis dans Schengen en 2018. En juillet de l’année dernière, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Miro Kovač, a assuré qu’il était peu probable que l’adhésion ait lieu avant à cause d’élections importantes en France et en Allemagne cette année.

Schengen a été mis en place en 1995 et la Croatie fait partie des six États membres de l’UE ne faisant pas partie du club : la Bulgarie, Chypre, l’Irlande, la Roumanie et le Royaume-Uni. Quant à l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein, ils ne font pas partie de l’UE mais sont pourtant inclus dans Schengen.

Pour la Bulgarie et la Roumanie, rejoindre l’espace de libre circulation est une priorité politique. Les deux pays sont entrés dans l’UE en 2007, soit six ans avant la Croatie, et sont considérés par la Commission comme aptes à rejoindre Schengen depuis 2010.

Leur intégration a néanmoins été bloquée par des États membres tels que les Pays-Bas, l’Allemagne et la France. Or, une adhésion à Schengen requiert l’unanimité de ses membres.

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Depuis le début de la crise des réfugiés, l’UE a petit à petit réalisé que pour sauvegarder Schengen, les frontières extérieures de l’Union devaient être renforcées. La version plus musclée de Frontex, appelée Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, a été inaugurée à la frontière entre la Turquie et la Bulgarie.