La CSU met en garde contre la libéralisation des visas pour la Turquie

Johannes Singhammer (droite), ici en compagnie du commissaire Johannes Hahn.

Le vice-président du parlement allemand, Johannes Singhammer, a prévenu que le nombre de réfugiés augmenterait si l’UE accorde la libéralisation des visas à la Turquie. Un article de notre partenaire, Der Tagesspiegel.

Johannes Singhammer s’est exprimé contre la libéralisation des visas pour la Turquie, avertissant que l’Allemagne ne serait « pas capable de gérer » ses conséquences.

« Rien que le nombre de Kurdes, qui seraient éligibles et pourraient en profiter pour s’installer de façon permanente dans l’UE, pourrait provoquer un flux migratoire aussi important que l’an dernier », a-t-il estimé.

Le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois, Jean Asselborn, avait pourtant récemment affiché de l’optimisme quant à la résolution des différends entre l’UE et la Turquie au sujet du projet de libéralisation. Cependant, le vice-président du Bundestag a répété que toutes les conditions devaient être réunies au préalable.

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« Le gouvernement allemand doit s’assurer que la situation à Bruxelles n’évoluera pas dans ce sens », a-t-il jugé, soulignant qu’un débat approfondi au sein du parlement allemand serait nécessaire.

Johannes Singhammer a exigé davantage de transparence sur le sujet. « Nous pouvons aider [la Turquie] avec les réfugiés, mais nous devons être clairs quant à l’incapacité de l’Allemagne et de l’Europe à permettre une libéralisation totale des visas », a-t-il en effet déclaré, précisant toutefois que tous les Turcs ayant de la famille ou des affaires entrepreneuriales en Allemagne obtiendraient « facilement » un visa.

L’Allemand a, d’ailleurs, maintenu que les promesses de libéralisation des visas n’étaient pas nécessaires pour encourager l’État de droit et la liberté religieuse en Turquie. Le pays a déjà reçu « des milliards de la part de l’UE pour cela ». Selon lui, « la Turquie a tout intérêt à ce que cette aide financière continue, peu importe l’avancée de la question des visas ».

En outre, le parti de centre-droit du vice-président du Bundestag, l’Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU) devrait, selon lui, avoir un meilleur échange avec l’Église au sujet des réfugiés. Le secrétaire général du parti, Andreas Scheuer, s’était retrouvé sous le feu de la critique, après les commentaires qu’il avait fait sur l’immigration.

Il avait en effet estimé que « le pire, c’est un migrant sénégalais, serviteur du culte et joueur de foot, ici depuis trois ans en tant que migrant économique. C’est impossible de s’en débarrasser. » La conférence épiscopale allemande, par le biais de son représentant, le cardinal Reinhard Marx, avait condamné cette déclaration.

Johannes Singhammer reste convaincu que la CSU peut obtenir un large soutien de la part de ses électeurs chrétiens, félicitant le travail déjà accompli en Allemagne pour accueillir les réfugiés, notamment avec la participation de groupes religieux bavarois.

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