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25/09/2016

Détente diplomatique entre Arménie et Azerbaïdjan après les violences au Karabakh

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Détente diplomatique entre Arménie et Azerbaïdjan après les violences au Karabakh

Ilham Aliev et Serge Sarkissian

Les présidents arménien et azerbaïdjanais se sont engagés à respecter le cessez-le-feu dans la région disputée du Haut-Karabakh.

Les deux présidents Serge Sarkissian et Ilham Aliev ont affirmé à l’issue de leur rencontre à Vienne le 16 mai « leur engagement au cessez-le-feu et à un règlement pacifique » de ce conflit territorial qui a donné lieu à des affrontements meurtriers en avril.

Ils se sont également fixé l’objectif d’une prochaine rencontre en juin « dans un lieu à définir d’un commun accord afin de reprendre les négociations sur un règlement global » du litige, indique leur communiqué commun.

Bakou et Erevan se sont mis d’accord sur la mise en place d’un mécanisme d’observation du cessez-le-feu, sous l’égide de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), et sur la reprise du travail concernant l’échange de données à propos des personnes portées disparues dans le conflit, vieux d’un quart de siècle.

« Nous avons des raisons de croire que les négociateurs arméniens et azéris seront enclins à rechercher des compromis. Nous faciliterons cela dans toutes les manières possibles », a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov qui participait à la réunion, selon l’agence RIA Novosti.

Les présidents arménien et azerbaïdjanais s’étaient retrouvés en début de soirée dans un hôtel de Vienne en présence de M. Lavrov, du secrétaire d’État américain, John Kerry, et du secrétaire d’État français aux Affaires européennes, Harlem Désir.

Les deux chefs d’État ne s’étaient pas rencontrés depuis que le conflit au Karabakh a connu un regain de violences qui a fait au moins 110 morts en avril, des civils et des militaires de ces deux ex-républiques soviétiques du sud du Caucase.

>> Lire : Affrontements sanglants dans le Haut-Karabakh

L’OSCE, à l’origine de la réunion de lundi, avait souligné « l’urgence de réduire les tensions le long de la ligne de démarcation ».

Les combats d’avril ont été les pires affrontements depuis un premier cessez-le-feu conclu en 1994, après une guerre ayant fait 30 000 morts et des centaines de milliers de réfugiés, principalement des Azerbaïdjanais.

Ligne de démarcation

États-Unis, Russie et France, les trois pays médiateurs dans le cadre de l’OSCE, espéraient que leur effort diplomatique à Vienne permettrait non seulement de stabiliser la ligne de front, mais aussi de relancer les négociations concernant le statut du Haut-Karabakh. Cette région en majorité peuplée d’Arméniens a fait sécession, mais est toujours reconnue internationalement comme faisant partie de l’Azerbaïdjan.

Depuis que des séparatistes arméniens ont pris le contrôle du Haut-Karabakh et malgré le cessez-le-feu de 1994, le conflit n’a jamais été réglé et des heurts ont régulièrement lieu sur la ligne de démarcation.

Tandis que les pourparlers menés par la Russie, les États-Unis et la France s’enlisaient ces dernières années, les deux belligérants se sont massivement réarmés, notamment l’Azerbaïdjan riche en ressources énergétiques.

>> Lire : L’UE qualifie d’intenable l’escalade de violence dans le Haut-Karabakh

Bien que Bakou et Erevan se rejettent mutuellement la responsabilité de la flambée de violences d’avril, nombre d’experts estiment que l’attaque est venue d’Azerbaïdjan, plongé dans une crise économique à cause de la dégringolade des prix du pétrole.

Les forces azerbaïdjanaises ont pris le contrôle de plusieurs positions stratégiques et ont conservé certaines d’entre elles en dépit d’une contre-offensive arménienne, déplaçant la ligne de front pour la première fois depuis 1994.

« Il y a eu une vague d’euphorie patriotique dans tout le pays [l’Azerbaïdjan] qui détourne de manière bien commode l’attention de la crise économique et sociale », a observé Thomas de Waal, du centre de réflexion Carnegie, dans une tribune publiée par le site internet Politico.

La Russie, qui vend des armes aux deux pays, mais a conclu un traité militaire avec l’Arménie, est considérée comme un acteur central pour mettre fin à un conflit dont certains craignent une extension régionale.

La Turquie, en froid avec Moscou depuis que son aviation a abattu un avion de chasse russe à la frontière syrienne l’année dernière, s’est engagée à soutenir son allié azerbaïdjanais.