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01/10/2016

L’Allemagne demande d’allouer 10 % du budget européen à la crise des réfugiés

L'Europe dans le monde

L’Allemagne demande d’allouer 10 % du budget européen à la crise des réfugiés

Sauvetage de migrants au large des côtes libyennes, par Frontex [Frontex].

Le ministre allemand du Développement a proposé d’allouer 10 % du budget européen à la crise des réfugiés et de désigner un responsable unique du dossier au niveau européen. Un article de notre partenaire The Guardian.

Les mécanismes européens actuels de réponse à la crise des réfugiés ne sont pas adaptés, a affirmé Gerd Müller, en marge du sommet mondial sur l’action humanitaire, à Istanbul.

Pour remédier à la cacophonie de l’UE, le ministre allemand du Développement a proposé de nommer un commissaire spécial pour poursuivre une stratégie européenne en la matière et pour faire face à d’autres défis humanitaires mondiaux.

« Nous devons réagir avec de nouveaux instruments et ma proposition vis-à-vis de la crise des réfugiés est que 10 % du budget de l’UE soit alloué à la crise », a assuré Gerd Müller.

Promesses fragmentées

La proposition de Gerd Müller survient après une année de vagues de migration aux frontières de l’UE, accompagnées d’une série de stratégies et de promesses fragmentées, dont la plupart ont échoué ou ont été trop lentes à mettre en place.

>> Lire : L’UE pense à réallouer son surplus budgétaire à la crise migratoire

En avril de l’année dernière, les dirigeants annonçaient qu’ils allaient sévir contre les passeurs libyens, mais la mission n’a démarré qu’en septembre et a été un véritable échec.

En septembre, les États membres de l’UE ont promis de relocaliser 120 000 réfugiés arrivés en Grèce et en Italie, les États de première ligne par lesquels la majorité des demandeurs d’asile entrent en Europe. Malgré le renouvellement de leurs engagements en mars, les États européens ont relocalisé moins de 1 % des réfugiés concernés. De la même façon, très peu de réfugiés ont été directement replacés depuis le Moyen-Orient.

En janvier, les dirigeants européens et occidentaux ont promis d’envoyer des milliards d’euros aux pays du Moyen-Orient où les réfugiés représentent une grande part de la population – mais jusqu’à présent, seul un sixième de cet argent a été envoyé.

En général, l’Europe est divisée sur la stratégie à suivre. L’Allemagne et la Hollande par exemple plaident pour une relocalisation de masse depuis le Moyen-Orient, alors que des pays comme la Hongrie construisent des barrières et modifient leur loi sur l’asile pour empêcher les réfugiés d’entrer.

>> Lire : Pour les réfugiés, «la Hongrie n’a rien donné, pas même une couverture»

Faisant référence à ces problèmes, Gerd Müller a déclaré : « Nous ne pouvons pas aller d’un sommet à un autre, en faisant des promesses que nous ne tenons pas. »

Institutions européennes divisées

Quant aux institutions européennes, elles aussi sont parfois divisées, avec des commissaires européens devant faire face à des responsabilités différentes face à la crise.

Federica Mogherini, la haute diplomate de l’UE, a tenté de mener la lutte contre les passeurs libyens ; Frans Timmermans, le vice-président de la Commission, est le principal interlocuteur dans l’accord UE-Turquie ; et Dimitris Avramopoulos est quant à lui le commissaire en charge de la migration.

>> Lire : L’UE tâtonne dans la lutte contre le drame des migrants en Méditerranée

Pour adopter une stratégie plus cohérente, Gerd Müller propose de nommer une seule personne ayant la responsabilité de gérer la crise des réfugiés. Cette personne aurait à sa disposition 10 % du budget européen, soit près de 10 milliards d’euros, qui seront transférés d’autres parties du budget de l’UE.

« Pour ce qui est de l’engagement européen, un haut-commissaire de l’UE pourrait gérer les promesses faites lors de conférences comme celle de Londres », a-t-il ajouté.