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26/09/2016

En dépit des apparences, la crise migratoire s’accroît en Europe

L'Europe dans le monde

En dépit des apparences, la crise migratoire s’accroît en Europe

Les arrivées ne faiblissent pas.

[Julian Buijzen/Flickr]

La route des Balkans est à présent déserte, mais l’hémorragie est loin d’être endiguée.

Un an après l’entrée de centaines de milliers de réfugiés dans le sud-est de l’Europe, la route des Balkans est désormais déserte, donnant l’impression que la tragédie humanitaire a pris fin en disparaissant des écrans de télévision du monde entier. Pourtant, la crise migratoire en Europe s’est aggravée par rapport à l’année dernière. Au moins d’un point de vue numérique. Plus de personnes entrent illégalement en Europe et le nombre de ceux qui meurent en chemin est plus élevé. Mais, contrairement à ce qui s’est passé en 2015, l’essentiel de ce qui se passe n’est pas visible.

Ainsi à Idomeni, à la frontière entre la Grèce et la Macédoine, les cultures estivales ont remplacé les tentes des réfugiés. L’an dernier, des milliers de migrants avaient été bloqués dans ce village minuscule, attendant l’ouverture de la frontière pour rejoindre l’Allemagne ou d’autres riches pays européens.

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Ailleurs dans les Balkans, un photographe de Reuters, retournant sur les lieux où lui et ses collègues avaient photographié et filmé des milliers de réfugiés l’an dernier, a trouvé des routes désertes, des voies ferrées vides et une campagne bucolique. Le contraste est flagrant.

En 2015, plus d’un million de personnes ont fui les conflits en Syrie, en Irak et en Afghanistan pour l’Europe. La majorité d’entre eux ont emprunté le corridor maritime séparant la Grèce de la Turquie.

Avec la fermeture des frontières et la tentative de l’Union européenne de stopper l’arrivée des migrants, des milliers d’entre eux sont désormais bloqués dans des centres en Grèce et en Italie. Là-bas, ils sont désormais moins visibles, tout comme les nouveaux réfugiés qui gagnent encore l’Europe.

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Plus d’arrivées, plus de noyades

Selon les données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les entrées sur le sol européen ont augmenté de 17% par rapport à l’année dernière, avec un pic des arrivées en Grèce début 2016.

Le nombre de morts, causées pour la plupart par des noyades, a augmenté de 15%.

Pour David Miliband, ancien ministre britannique des Affaires étrangères qui dirige désormais le Comité international de secours (IRC), une association fondée par Albert Einstein, la crise migratoire n’est pas « un mauvais moment à passer ».

« Les forces qui poussent de plus en plus de personnes à quitter leurs domiciles – des Etats faibles, des soubresauts importants dans le monde musulman, un système international divisé […] Aucune de ces choses n’est près de se calmer », a déclaré l’ancien ministre.

Plus de 140 000 demandeurs d’asile sont hébergés dans des refuges en Italie, soit sept fois plus qu’en 2013, après un nouvel afflux de migrants venus d’Afrique du nord.

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En Grèce, où les arrivées ont chuté après l’accord conclu entre l’UE et la Turquie en mars, 57 000 migrants étaient toujours bloqués dans le pays selon les chiffres arrêtés au 8 août.

« En déplaçant la responsabilité vers la Turquie et la Grèce, les gouvernements européens sont fondamentalement en train de dire : ‘nous avons résolu la crise car nous ne la voyons pas et nous ne la sentons pas et nous ne l’entendons pas’ », a estimé la directrice adjointe d’Amnesty International pour l’Europe, Gauri van Gulik, ajoutant que la crise migratoire était aussi importante qu’avant.

Des données de l’OIM montrent en effet que 258.186 personnes étaient entrées en Europe à la fin juillet, comparé à 219 854 personnes sur la même période de 2015. Cette année, au 7 août, 3 176 décès avaient été comptabilisés, surpassant les 2 754 morts des huit premiers mois de l’année 2015.

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