Le Parlement boude le potentiel ambassadeur américain

Les États-Unis n'ont pas encore officiellement désigné de candidat ambassadeur. [Georgi Gotev]

Les trois plus grands groupes « pro-européens » au Parlement européen, le PPE, le S&D et l’ALDE ne veulent pas de l’ambassadeur proposé par les États-Unis.

Le Parti populaire européen (PPE), les Socialistes & Démocrates (S&D), de centre-gauche, et les libéraux de l’ALDE ont pris parti contre la nomination de Ted R. Malloch comme ambassadeur de Washington auprès de l’UE.

Un pays souhaitant choisir un ambassadeur doit demander l’accord du pays hôte. Dans le cas de l’UE, les États tiers demandent l’approbation du président du Conseil, et les 28 membres  doivent accepter. Les États-Unis n’ont pas encore fait de demande officielle, mais l’homme d’affaires américain est pressenti pour une nomination.

Manfred Weber, président du groupe PPE au Parlement européen, et Guy Verhofstadt, son homologue de l’ALDE, ont cosigné une lettre au président du Conseil, Donald Tusk, proposant que l’UE n’accepte pas le candidat ambassadeur de l’administration Trump.

Tweet de Guy Verhofstadt : Le possible candidat ambassadeur à l’UE de Trump veut ébranler l’UE. Nous ne devrions pas l’accepter. J’ai écrit une lettre à @eucopresident & @JunckerEU avec @ManfredWeber.

Tweet de Manfred Weber : À La Valette, les dirigeants européens devraient être clairs : sans une position commune, l’Europe sera une marionnette aux mains de Trump et Poutine.

Gianni Pittella, qui dirige le S&D, a envoyé une lettre séparée à Donald Tursk et à Federica Mogherini, la Haute Représentante de l’UE, dans laquelle il assure que le choix de Ted R. Malloch n’est pas acceptable et que ce dernier devrait être considéré comme persona non grata.

Le 25 janvier, le candidat potentiel de la Maison-Blanche a assuré que l’UE pourrait s’effondrer  dans les 18 mois à venir. Une perspective qui n’a pas ému les représentants européens.

Dans leur lettre, Manfred Weber et Guy Verhofstadt citent d’autres déclarations de Red T. Malloch, qui a exprimé son intention de « dresser le bloc », de la même manière que l’Union soviétique au début des années 1990.

« Ces déclarations révèlent une réelle malveillance à l’encontre des valeurs qui définissent cette Union européenne », écrivent les deux eurodéputés, qui s’inquiètent du « potentiel de grave dommage à la relation transatlantique ».

« Au nom de nos groupes politiques au Parlement européen, nous vous exhortons à ne pas accepter la nomination de M. Malloch, s’il est proposé comme ambassadeur des États-Unis auprès de l’UE », concluent-ils.

Gianni Pittella estime quant à lui que la comparaison UE-URSS montre clairement l’hostilité de l’Américain vis-à-vis de « nos principes et valeurs communes ». « Nous considérons vraiment qu’ignorer cette position inacceptable pourrait nuire à notre relation future avec l’administration des États-Unis et pourrait contribuer à la diffusion du populisme et de l’euroscepticisme en Europe », assure le socialiste.