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28/09/2016

Erdogan veut rétablir la peine de mort après la tentative de coup d’État

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Erdogan veut rétablir la peine de mort après la tentative de coup d’État

Après l’échec du putsch militaire, le pouvoir turc a poursuivi la reprise en main du pays, en particulier de l’armée et de la justice, et envisage désormais de rétablir la peine de mort pour les partisans du coup d’État.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a estimé dimanche qu’après la tentative de putsch militaire de vendredi, le pays ne pouvait différer le rétablissement de la peine de mort, ce dont, a-t-il dit, le gouvernement discutera avec les partis de l’opposition.

S’adressant à la foule de ses partisans qui, devant sa résidence d’Istanbul, réclamaient le rétablissement de la peine capitale, le chef de l’État a répondu: « Nous ne pouvons pas ignorer cette revendication ».

>>Lire : Erdogan soutient la peine de mort, Bruxelles réagit

La peine de mort a été abolie en Turquie en 2004 pour satisfaire aux critères requis par l’Union européenne en vue d’une adhésion d’Ankara. Il n’y a pas eu d’exécution capitale en Turquie depuis 1984.

À la suite de ces déclarations, le chef de la diplomatie autrichienne, Sebastian Kurz, a affirmé qu’une telle mesure serait inacceptable, dans une interview publiée lundi.

« Le rétablissement de la peine capitale serait évidemment tout à fait inacceptable », dit le ministre des Affaires étrangères autrichien dans une interview que publie le journal autrichien Kurier.

« Il ne doit pas y avoir de purge arbitraire, pas de sanctions pénales en dehors du cadre de l’État de droit et du système judiciaire », ajoute-t-il, le jour même où lui et ses homologues de l’Union européenne doivent tenir à Bruxelles une réunion de crise pour inviter le chef de l’État turc à agir dans le respect de la loi et des droits de l’homme.

Bilan alarmant

Ce n’est pas la première fois que le président turc menace de rétablir la peine capitale dans le pays. En 2012, Erdogan avait déjà affirmé que le débat sur la peine de mort devait être rouvert, notamment pour apporter une réponse ferme aux crimes et assassinats.

L’annonce du président est intervenue après que les autorité tur

Au total, plus de 290 personnes ont été tuées, dont une centaine de putschistes, et plus de 1.400 autres blessées dans les violences déclenchées vendredi soir, selon un nouveau bilan communiqué par le ministère turc des Affaires étrangères.

De nouvelles arrestations vont par ailleurs avoir lieu dans les rangs de l’armée et parmi les juges, en plus des quelque 6.000 déjà intervenues depuis l’échec du putsch, a dit le ministre de la Justice Bekir Bozdag, cité par la chaîne NTV.

Ce faisant, les autorités se conforment à la volonté de Recep Tayyip Erdogan, lequel a promis dès samedi un « nettoyage » de l’armée.

« Contrôle rétabli »

L’annonce du président est intervenue après que les autorités turques aient mené des opérations de répressions contre les putschistes.

Parmi les personnalités arrêtées figurent Ali Yazici, jusque-là principal conseiller militaire de Recep Tayyip Erdogan, ainsi que le général Bekir Ercan Van, commandant de la base stratégique d’Incirlik, d’où sont lancées une partie des frappes aériennes visant le groupe djihadiste État islamique (EI) en Syrie et en Irak.