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11/12/2016

Le parti populaire européen ne soutiendra pas Trump

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Le parti populaire européen ne soutiendra pas Trump

Donald Trump n'aura pas le soutien de l'EPP.

Contrairement à sa tradition, le PPE ne pense pas soutenir le candidat républicain, Donald Trump, lors de la campagne aux élections présidentielles, car celui-ci rejette le renforcement des liens États-Unis-UE.

Antonio López-Istúriz, le secrétaire général du parti populaire européen (PPE), a expliqué à EurActiv qu’il n’excluait pas la possibilité de soutenir la candidate démocrate Hillary Clinton. Si cette affirmation se confirmait, cela marquerait un tournant dans la tradition de longue date du PPE, qui avait jusqu’alors toujours soutenu le candidat républicain pendant les élections présidentielles aux États-Unis.

Après les élections en 2014, le PPE s’est affirmé comme le groupe majoritaire au Parlement européen. Il compte parmi ses membres des partis très influents au niveau national, dont l’alliance du CDU/CSU d’Angela Merkel et les Républicains, menés par Nicolas Sarkozy.

L’idée transatlantique

Selon le secrétaire général du PPE, le choix du groupe dépendra des objectifs des candidats au sujet des futures relations transatlantiques, dont les questions de l’économie, de la sécurité et, surtout, l’immigration. Donald Trump a notamment construit sa campagne autour de commentaires controversés sur le refus d’accueillir des immigrants mexicains et musulmans aux États-Unis.

La décision sera prise après que les partis nationaux membres du PPE et les eurodéputés se sont concertés. Antonio López-Istúriz a d’ailleurs souligné que le PPE entretient de bonnes relations avec les deux partis américains, et en particulier avec leurs membres plus modérés et ceux qui veulent renforcer les relations transatlantiques avec l’Europe. « Dans les deux partis, il y a des camps qui défendent cette position  », a-t-il fait remarquer.

Le représentant du parti a également expliqué que le PPE avait soutenu le républicain John McCain lors des élections en 2008 parce qu’il proposait un agenda transatlantique, tandis que le parti démocrate, représenté par Barack Obama, avait choisi de présenter un agenda international qui se concentrait sur les relations avec les pays du Pacifique. En ce qui concerne les dernières élections américaines, les candidats n’étaient pas, selon lui, suffisamment impliqués dans la construction de relations avec l’Europe. « Le PPE est donc resté neutre et n’a pas accordé son soutien à un candidat », a souligné Antonio López-Istúriz.

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Un clin d’œil à Clinton

Interrogé sur la campagne présidentielle actuelle, le secrétaire général du PPE a confié à EurActiv qu’il était de plus en plus clair que « le candidat républicain pressenti, Donald Trump, s’est déjà prononcé contre un renforcement des liens transatlantiques ».

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Il n’a cependant pas exclu la perspective d’un soutien au parti démocratique. « Nous sommes allés écouter le discours de la candidate démocrate, prendre connaissance de son programme et sa vision concernant les liens avec l’Europe pour décider si nous soutiendrons le parti démocrate », a-t-il indiqué, ajoutant qu’en tant que secrétaire général avec des origines américaines, « il observait toujours avec une attention toute particulière la position des deux partis sur les relations entre l’Europe et les États-Unis ».

La convention républicaine

Le représentant du PPE a poursuivi en affirmant que le vote du Brexit n’avait pas influé sur la décision du parti, concernant le soutien d’un candidat américain, mais a laissé entendre que le Royaume-Uni avait perdu un rôle crucial. « Je regrette uniquement que le Royaume-Uni ne puisse plus jouer le rôle important de médiateur entre les États-Unis, une place essentielle dans les relations entre l’UE et les États-Unis », a-t-il expliqué.

Antonio López-Istúriz  ne se rendra pas à la convention républicaine du 18 au 21 juillet à Cleveland. « En revanche, je continuerai à retrouver régulièrement mes amis du parti républicain au congrès et au sénat à Washington, et à d’autres occasions », a-t-il indiqué.

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