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21/01/2017

La relocalisation de 160 000 réfugiés patine en Europe

L'Europe dans le monde

La relocalisation de 160 000 réfugiés patine en Europe

L’Union européenne n’a relocaliseé que 4 455 réfugiés depuis la Grèce et l’Italie vers d’autres pays européens. Certains Etats comme la Hongrie ou la Pologne n’ont acceuilli aucun réfugié depuis le début de la relocalisation en 2015.

Pour respecter l’engagement de partage des responsabilités pour soulager l’Italie et la Grèce, les États membres devraient accueillir 154 349 personnes de plus en septembre 2017.

Les deux pays ont essuyé le plus fort de la pire crise des réfugiés en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. À ce jour, 4 455 réfugiés ont été transférés depuis la Grèce et 1 196 depuis l’Italie.

>>Lire : Les États membres priés de respecter leurs engagements pour les réfugiés

La crise a mis à jour des divisions profondes au sein du bloc et provoqué la réintroduction du contrôle des frontières internes dans l’espace Schengen, afin d’empêcher les réfugiés en route pour l’Allemagne de se déplacer en Europe une fois arrivés dans les deux pays méditerranéens.

Le vice-président de la Commission, Frans Timmermans, a déclaré que « nous ne pouvons gérer efficacement les demandes d’asile et les migrations en Europe et préserver l’espace Schengen que si nous travaillons tous ensemble dans un esprit de solidarité et de responsabilité ».

Opposition

Certains États se sont cependant fermement opposés à la stratégie de relocalisation. La Hongrie, par exemple, a prévu un référendum en octobre sur une politique migratoire de l’UE qui se concentre sur le partage des demandeurs d’asile arrivés dans l’UE. Le Royaume-Uni jouit d’une clause d’exception pour la politique d’asile européenne et ne participe pas à la relocalisation des réfugiés.

La Commission européenne a annoncé le 28 septembre que les États membres avaient relogé 1 200 demandeurs d’asile au cours du mois.

>>Lire : La relocalisation de réfugiés en France traine faute de candidats

Le commissaire à la migration, Dimitris Avramopoulos, a estimé que « les efforts renouvelés des États membres ces derniers mois pour la relocalisation des réfugiés prouvent que la procédure peut être accélérée, s’il y a la volonté politique et le sens des responsabilités nécessaires ».

« Le succès de notre approche commune est essentiel pour que tout le reste réussisse, notamment un retour graduel au système de Dublin et à un fonctionnement normal de Schengen.  La relocalisation doit marcher », a-t-il insisté.

Le système de Dublin soutient que tout demandeur d’asile doit faire sa demande dans le premier État européen dans lequel il arrive. La règle a été largement ignorée au plus fort de la crise, quand l’Allemagne a accueilli plus d’un million de réfugiés.

Selon le système de relocalisation d’urgence, les demandeurs d’asile susceptibles d’obtenir une réponse positive sont déplacés de la Grèce ou l’Italie vers d’autres États membres, où leur demande sera traitée. Ces pays reçoivent en contrepartie une somme d’argent du budget européen.

Aucune relocalisation en Autriche, Hongrie et Pologne

La France a absorbé un nombre important de réfugiés, accueillant 1 721 réfugiés de Grèce et 231 d’Italie.  Les Pays-Bas ont quant à eux accueilli 726 réfugiés au total et la Finlande 690.

En revanche, l’Autriche, la Hongrie et la Pologne n’ont pas accepté de réfugiés cette année, depuis le lancement du système par les dirigeants européens au Conseil.

« Grâce à l’augmentation des capacités des services d’accueil grecs, et si les États membres redoublent leurs efforts, il devrait être possible de réinstaller les candidats à une relocalisation restant en Grèce [environ 30 000] l’an prochain », a annoncé la Commission dans un rapport.

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Réinstallation

Le 28 septembre, la Commission a publié les résultats du système européen de réinstallation, approuvé par le Conseil depuis juillet 2015.

Ce système permet de déplacer les réfugiés se trouvant dans des camps hors-UE, au Liban ou en Turquie, par exemple, vers des pays européens.  L’UE s’est engagée à réinstaller 22 000 personnes en deux ans.

À ce jour, 10 695 réfugiés ont été réinstallés. Le Royaume-Uni en a accueilli le plus grand nombre, 2 200, provenant directement des camps hors-UE.

>> Lire : Moins de 2 % des réfugiés syriens réinstallés

L’objectif du programme comprend le transfert des Syriens des camps turcs à l’UE, prévu dans l’accord polémique d’« échange des migrants » avec Ankara.

En accord avec les termes de l’accord passé le 18 mars entre Bruxelles et Ankara, l’UE s’est engagée à réinstaller un réfugié syrien pour chaque Syrien renvoyé en Turquie depuis les îles grecques après avoir traversé illégalement la mer Égée.

Les partisans de l’accord estiment que ce projet décourage les réfugiés d’entreprendre une traversée périlleuse et les incite à opter pour des routes migratoires légales et plus sécurisées. Les détracteurs pensent néanmoins que ce plan frôle les limites de la législation internationale.

Frans Timmermans, vice-président de la Commission, a récemment félicité les États membres pour leurs efforts, tout en les pressant d’agir rapidement.

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Prochaines étapes

  • septembre 2017 :Date butoir pour la relocalisation de 160 000 réfugiés.