Le Caire et Bruxelles envisagent un accord sur les migrants

Manifestation anti-Assad au Caire.

La Libye n’est pas le seul pays nord-africain accueillant un grand nombre de réfugiés. C’est aussi le cas de l’Égypte, qui souhaite conclure avec l’UE un accord du même type que celui de la Turquie. Un article d’EURACTIV Allemagne.

Malgré la pluie de critiques qui s’est abattue sur l’accord UE-Turquie sur les migrants, il semblerait que la Commission soit favorable à l’instauration d’accords similaires avec les pays d’Afrique du Nord.

Ces pays ne sont en général pas attirés par la possibilité d’améliorer le sort des réfugiés, mais par les sommes qui accompagneraient la signature d’accords.

Après avoir entamé des discussions avec la Libye, les représentants européens se tournent à présent vers l’Égypte. Si Mohammed Taher Siala, le ministre libyen des Affaires étrangères, s’irrite de la perspective de voir des réfugiés rapatriés vers son pays, son homologue égyptien, Sameh Shoukry, semble ouvert à cette possibilité.

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Avec près de 100 millions d’habitants, l’Égypte s’apprête à affronter de nouvelles vagues d’immigration liées à une croissance démographique rapide et à une économie en berne.

Le pays s’est récemment retrouvé dans une position de plaque tournante pour les migrants et réfugiés. À l’heure actuelle, 400 000 Irakiens, 500 000 Syriens et 4 millions d’Africains, dont la plupart ne sont pas encore enregistrés, se trouvent dans le pays. Ces chiffres n’ont toutefois pas encore été confirmés.

Ce qui est sûr c’est que la majorité de ces migrants nourrissent l’espoir de traverser la Méditerranée, malgré l’immense risque que cela présente, notamment en hiver.  Or, plus la pression monte, plus cela profite aux trafiquants.

De plus en plus de bateaux sont interceptés par les garde-côtes égyptiens et retournent donc vers le pays. Beaucoup de critiques assurent que les personnes renvoyées en Égypte sont ensuite emprisonnées après l’échec de leur traversée. Par ailleurs, l’état des logements fournis à la plupart des réfugiés est lamentable, puisque Le Caire peine à fournir les installations de base.

L’idée de négocier un accord similaire à celui passé avec la Turquie gagne donc du terrain. Le ministre autrichien des Affaires étrangères, Sebastian Kurz, a rencontré Sameh Shoukry à Vienne la semaine dernière pour tâter le terrain. En ce qui concerne les liens économiques entre les deux pays, la crise des réfugiés et la lutte contre le terrorisme influencent fortement leurs ordres du jour.

« En nous attaquant au terrorisme dans la région, nous sommes conscients que nous faisons face à un défi de taille », a déclaré Sebastian Kurz. « L’Égypte joue un rôle central là-dedans. »

Le problème est que la décision de négocier un accord sera prise par Bruxelles, qui se demandera sûrement si elle peut surmonter un nouveau tollé comme celui vécu après la mise en place de l’accord avec la Turquie.