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28/09/2016

Les conservateurs autrichiens veulent une «union d’intérêts» avec la Turquie

L'Europe dans le monde

Les conservateurs autrichiens veulent une «union d’intérêts» avec la Turquie

Le parti conservateur autrichien ÖVP, membre de coalition gouvernementale, a proposé de favoriser une « union d’intérêts » avec la Turquie plutôt qu’une entrée dans l’UE.

Le parti populaire autrichien ÖVP cherche de nouvelles positions concernant une série de questions sociétales et politiques exposée dans le « Zukunftspapier », une proposition pour une « union d’intérêt entre l’UE et la Turquie ».

Cette solution devrait remplacer le « partenariat privilégié » revu à plusieurs reprises et qui n’a aujourd’hui plus tellement de poids, dans la mesure où il n’a jamais abouti sur des mesures concrètes et n’a que très peu de contenu.

Coopération pour la sécurité et élargissement de l’union douanière

Au contraire, l’« union d’intérêt » propose déjà une approche plus concrète. Les priorités seront une coopération plus étroite pour la sécurité et un élargissement de l’actuelle union douanière, ainsi que la prise en compte des intérêts turcs dans le cadre de l’accord de l’UE sur la libre-circulation. L’accent sera mis sur le « dialogue concernant les droits de l’Homme fondamentaux ».

>> Lire : Le ton monte entre la Turquie et l’Autriche

La proposition prévoit, plus précisément, d’élargir l’union douanière pour certains produits agricoles primaires, l’acier et le charbon. Ce nouvel accord devrait également libérer les flux de capitaux. Il s’oppose, en revanche, à une trop grande liberté de circulation des Turcs et « une extension trop rapide de la liberté des services ».

Le projet prévoit toutefois, en priorité, une union de sécurité entre l’UE et la Turquie : une coopération pour les affaires étrangères et de la défense ainsi qu’un renforcement du travail commun pour les affaires judiciaires et intérieures, notamment la lutte contre le terrorisme. Le cadre sera néanmoins clairement fixé. « Les autorités turques pourront être inclues dans les réseaux, sans pour autant que l’espace Schengen s’ouvre à la libre-circulation des Turcs », a souligné l’ÖVP. En effet, la possibilité de voyager sans visa ne peut être accordée sans que certaines conditions, non-négociables pour l’UE, soient remplies.

La réaction d’Ankara ne se fera sans doute pas attendre et devrait réitérer son objectif, qui ne peut être autre qu’une inclusion complète de la Turquie dans l’UE en l’espace de six ans.