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02/12/2016

L’OCDE propose des alternatives pour l’asile en Europe

L'Europe dans le monde

L’OCDE propose des alternatives pour l’asile en Europe

[Tjebbe van Tijen/Flickr]

L’immigration dans les États membres de l’OCDE a fortement augmenté, tout comme l’opposition à l’accueil des nouveaux arrivants.

Le public croit de moins en moins en la capacité des gouvernements à gérer la crise des migrants. Des sondages ont été effectués dans  de nombreux États et montrent que l’hostilité envers les migrants est de plus en plus forte et fait même surface, sans censure, dans les débats publics. Cette crainte des réfugiés et de frontières insuffisamment protégées se manifeste notamment dans la montée en puissance des partis populistes hostiles aux migrants et aux musulmans, comme le parti allemand Alternative für Deutschland (AfD) qui a encore gagné du terrain lors des élections parlementaires dans les régions du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et de Berlin.

Pour contrer ces peurs, une réponse systématique et coordonnée de la part des États est nécessaire, juge l’OCDE dans son rapport annuel « Perspectives des migrations internationales », publié à la veille du lancement de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 20 septembre, qui traitera des mouvements migratoires.

L’action des États est plus urgente que jamais. En effet, c’est la deuxième année consécutive que le nombre des immigrants dans les États membres de l’OCDE a fortement augmenté. Environ 4,8 millions de personnes, soit 10 % de plus par rapport à l’année précédente, auraient quitté leur pays d’origine pour s’installer durablement dans l’un des États membres, selon le rapport de l’OCDE.

« En 2015, les pays de l’OCDE ont enregistré le nombre de demandes d’asile le plus important depuis la Seconde guerre mondiale », précisent les auteurs du rapport. Près de 1,65 million de personnes, dont 25 % de Syriens, ont soumis une demande d’asile dans un pays membre de l’organisation internationale. La majorité d’entre elles ont été faites en Europe, notamment en Allemagne. Environ 450 000 personnes ont demandé le droit d’asile sur le territoire allemand en 2015, soit une augmentation de 155 % par rapport à 2014.

Cependant, le rapport souligne que les réfugiés ne représentent qu’une petite part de l’ensemble des migrants dans la plupart des pays. En outre, les documents récoltés par l’OCDE prouvent que les conséquences à moyen et long termes de l’immigration sur les finances publiques, la croissance économique et le marché du travail sont somme toute plutôt positives.

Malgré la véracité de ces arguments démographiques et macro-économiques, ils semblent trop abstraits et trop lointains pour beaucoup. C’est pourquoi les gouvernements devraient trouver des propositions plus tangibles pour s’opposer aux discours anti-immigration, a exigé l’OCDE.

Le fait est que 120 millions de personnes vivant dans les pays de l’OCDE sont nées dans un autre pays et une personne sur cinq est un migrant ou originaire d’une famille de migrants.

Or, le rapport montre également que l’important afflux de migrant pose depuis longtemps déjà des problèmes structurels et infrastructurels sur place, par exemple pour les questions du logement, des transports et de l’éducation. Ce sont défis que les États devront relever.

L’Union européenne n’aurait simplement pas su gérer la vague écrasante de migrants de façon structurée et consciente, regrettent les auteurs du rapport. Aussi proposent-ils d’autres solutions. La demande d’asile pourrait par exemple être remplacée par un visa de travail, un programme d’études ou un visa humanitaire.