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26/09/2016

Au G20, logistique parfaite mais démocratie à la chinoise

L'Europe dans le monde

Au G20, logistique parfaite mais démocratie à la chinoise

Les journalistes étrangers avaient un accès non censuré à Internet pendant le G20.

La Chine a déployé des efforts considérables pour l’organisation du sommet du G20 à Hangzhou. La rencontre est considérée comme un succès, mais un écart impressionnant subsiste entre la Chine et ses partenaires occidentaux en matière de sommet international.

Chaque sommet international a le même rituel. Quand vient le temps de se mettre d’accord sur les conclusions, chacun tente d’en retirer le plus possible pour son camp. Lorsque un sommet réunissant les 20 pays les plus influents du monde est organisé par la Chine, le nombre de passages à y inclure s’allonge de façon vertigineuse.

Certes, les dirigeants du G20 ont voulu donner un vrai sens en incluant des engagements concrets à la déclaration de plus de 7 000 mots qui a conclu le sommet de Hangzhou le 5 septembre. Mais la longueur du texte dissout quelque peu sa portée. En comparaison, les conclusions adoptées par les dirigeants européens (2 000 mots lors du dernier Conseil) font pâle figure. Les diplomates sont néanmoins satisfaits de leur propre travail.

Les longues listes de promesses sont souvent un piège pour leurs signataires, qui ne parviennent généralement pas à les respecter. Une étude de l’université de Toronto, publiée pendant le sommet, souligne pourtant que les conclusions du dernier G20 font exception à cette tendance. 77 % des engagements pris l’an dernier au sommet d’Antalya ont en effet été respectés. « Si le G20 parvient à améliorer ses résultats en matière de respect de ses promesses, cela lui permettrait de se justifier en tant qu’institution de gouvernance mondiale », conclut l’analyse.

>> Lire : L’Europe appelle le G20 à l’aide sur la question des réfugiés

Le long communiqué commun a exténué les sherpas nationaux impliqués dans les négociations, dont certains ont admis que le texte était très complexe. Les négociateurs n’étaient cependant pas les seuls à avoir du mal à s’y retrouver : il a fallu un moment à la chancelière allemande, Angela Merkel, pour comprendre où le président chinois, Xi Jinping voulait qu’elle se place pour la photo de famille.

Afin de parer à tout problème linguistique, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, a choisi de gratifier son hôte de l’une de ses fameuses bises. Xi Jinping n’a cependant pas réagi avec le même enthousiasme que certains dirigeants européens, n’offrant en retour qu’un sourire glacé.

Le quota de sourires a été assuré par la légion de volontaires dynamiques qui a accueilli la presse et les délégations nationales. Plus de 100 000 personnes avaient demandé de participer au sommet, dont 4 000 ont été sélectionnés via un processus strict, ont expliqué les autorités chinoises.

Avec les milliers de soldats, policiers, patrouilles de voisinage et autres forces de sécurité, ces volontaires étaient les seules âmes visibles autour de la zone du centre d’exposition de Hangzhou, une ville qui compte pourtant 9 millions d’habitants. La plupart des commerces de la métropole sont restés fermés durant le sommet et les autorités ont distribué environ 1,3 milliard d’euros de bons de voyages pour s’assurer que les routes restaient vides pour laisser passer des convois officiels.

Un ciel limpide

La disparition d’une grande partie des voitures et la fermeture des usines pendant plus d’une semaine ont permis à la ville d’accueillir les chefs d’État sous un ciel limpide rare dans un pays où les métropoles sont ordinairement extrêmement polluées. Les protocoles de sécurité ont cependant également forcé la fermeture des blanchisseries dans la ville, au grand désarroi du personnel hôtelier.

Le gouvernement chinois a accueilli l’armée de journalistes internationaux avec des cadeaux coûteux, et notamment des écharpes en soie, emballés dans un sac Hedgren, un créateur de sacs bruxellois racheté en 2011 par League Co., une entreprise chinoise de la région de Hangzhou.

Le cadeau le plus apprécié des médias est cependant resté l’accès aux sites comme Google, Gmail, Twitter ou Facebook, qui sont habituellement bloqués par la censure du régime. Un privilège réservé aux journalistes étrangers, puisque les codes d’accès de leurs collègues chinois ne leur permettaient pas la même liberté.

« Une information asymétrique […] restreint objectivement la capacité de participation politique du peuple », rappelle justement « La voie démocratique chinoise », le livre offert dans le centre média du G20. Or, quel meilleur moyen de maintenir une information asymétrique que de limiter l’accès des citoyens à Internet ?

La démocratie chinoise est aussi intransigeante, comme l’a démontré un accrochage entre la délégation médiatique américaine et les représentants chinois juste après l’atterrissage du Air Force One. Une assistante s’est plainte du fait que la presse ne pouvait s’approcher davantage du Président Barack Obama. « C’est notre vol et notre président », a-t-elle argué. « Et c’est notre aéroport et notre pays », a rétorqué le représentant chinois.

Contexte

The presidents of the European Commission, Jean-Claude Juncker, and the European Council, Donald Tusk, represented the EU at the G20 summit. The leaders of Britain, Germany, France, Italy and Spain also attended the meeting.

The G20 members are Argentina, Australia, Brazil, Canada, China, France, Germany, Italy, India, Indonesia, Japan, Mexico, Republic of Korea, Russia, Saudi Arabia, South Africa, Turkey, the United Kingdom and the United States and the EU. Spain has become a permanent guest country of the forum.

Together they represent an estimated 90% of global GDP, 80% of global trade and two-thirds of the world’s population.

Other topics of the summit were the refugee crisis, the fight against the financing of terrorism, financial regulatory reform, and sustainable development.

Prochaines étapes

  • 4-5 September: G20 Summit in Hangzhou

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