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30/09/2016

Les Allemands appréhendent les conséquences du TTIP et du CETA

L'Europe dans le monde

Les Allemands appréhendent les conséquences du TTIP et du CETA

Arno Burgi/dpa

Une étude portant sur les répercussions du TTIP et CETA sur la Rhénanie-du-Nord-Westphalie a fait souffler un vent d’inquiétude sur l’Allemagne, alors que les deux accords sont de plus en plus contestés.

Alors que la situation est de plus en plus incertaine, les accords de libre-échange de l’UE avec le Canada et les États-Unis, TTIP et CETA, sont en danger.

La France a, en effet, annoncé qu’elle demanderait à la Commission européenne d’« arrêter les négociations » avec les États-Unis lors du sommet informel qui aura lieu à Bratislava dans le courant du mois.

>> Lire : Hollande prône pour l’instant le « non » au TTIP

Le ministre de l’Économie allemand, Sigmar Gabriel, a jugé de son côté que le TTIP avait « de facto échoué ». En outre, les initiateurs du mouvement « Non au CETA » ont déposé une plainte constitutionnelle signée par 125 000 personnes auprès de la Cour constitutionnelle allemande à Karlsruhe, le 31 août.

Or, une étude menée par l’expert commercial, Thomas Fritz, engagé par le parti de la gauche radicale Die Linke, devrait alimenter le scepticisme des Européens. L’analyse se concentre sur les possibles répercussions du TTIP et du CETA sur la région de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie et sur ses communes. Les résultats sont toutefois facilement transférables au reste du pays.

Concrètement, l’étude prouve que toutes les réglementations pourraient  être affectées par les accords avec les pays nord-américains, notamment l’interdiction d’utiliser la fracturation hydraulique ; les tarifs en vigueur pour la passation des marchés publics, ainsi que les réformes hospitalières et les quotas du personnel soignant, mais aussi les mesures contre les abus sur le marché du logement ou des transports routiers. Les deux accords renforceraient les inégalités sociales, selon l’étude.

>> Lire : Le principe de précaution menacé par les accords TTIP et CETA

La directrice-adjointe du syndicat allemand ver.di, Corinna Groß, s’inquiète du danger que représente le CETA sous sa forme actuelle pour les conditions de travail en Allemagne. L’accord autoriserait, en effet, des entreprises internationales pratiquant des salaires de misère et des conditions de travail inacceptables à accéder aux marchés allemands, mettant en péril de nombreux emplois. Le durcissement de la compétition  risquerait, d’ailleurs, d’empirer les conditions de travail.

L’étude montre de plus que les bénéficiaires de ces accords de libre-échange seraient les grandes entreprises telles qu’ExxonMobil, Uber, Bayer, RWE ou E.ON.

« La promesse de croissance et de prospérité de ces accords est remise en question. Alors que les groupes transnationaux peuvent espérer des avantages, les communes, les employés et les défenseurs de l’environnement et des consommateurs n’ont rien à y gagner », avertit Thomas Fritz.

Fabio De Masi, eurodéputé, originaire du parti Die Linke en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a appelé Hannelore Kraft, qui dirige le SPD dans la région, et Sigmar Gabriel à mettre fin aux négociations, non seulement du TTIP, mais aussi du CETA.  « La mise en place provisoire du CETA, sans l’accord du parlement national, n’est pas acceptable », a-t-il estimé. « L’étude prouve que les exigences des autorités régionales n’ont pas été respectées dans l’accord. »