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09/12/2016

Helmut Kohl défend les positions de Viktor Orbán

L'Europe dans le monde

Helmut Kohl défend les positions de Viktor Orbán

Dans la préface de l’édition hongroise de son dernier livre, Helmut Kohl estime que le Vieux Continent ne peut pas accueillir des millions de personnes. Un article de notre partenaire Der Tagesspiegel.

Helmut Kohl, qui a rencontré le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán le 19 avril, ne s’est pas privé de critiquer l’ouverture des frontières européennes aux réfugiés. « La solution se trouve dans les régions affectées, pas en Europe. L’Europe ne peut être le nouveau foyer de millions de personnes dans le besoin », écrit l’ancien chancelier allemand dans le préface de l’édition hongroise de son ouvrage, « Aus Sorge um Europa » (Par soucis pour l’Europe, non traduit en français), dont une version abrégée a été publiée dans Der Tagesspiegel le 17 avril.

Helmut Kohl, l’une des trois personnes à avoir reçu le statut de citoyen d’honneur de l’Europe, a également critiqué la politique d’accueil d’Angela Merkel, sans pourtant la nommer directement. En septembre 2015, il a désapprouvé la décision de la chancelière d’inviter les réfugiés arrêtés en Hongrie de continuer leur chemin vers l’Allemagne. Il dénonce aussi cette prise de décision unilatérale, pour laquelle Angela Merkel n’a pas consulté ses partenaires européens.

Cet acteur important de la réunification allemande a même été plus loin, en se rapprochant de Viktor Orbán, un des opposants les plus acharnés de la chancelière sur la question de sa « politique de portes ouvertes ». Sur les questions européennes, « je sais que mon ami Viktor Orbán partage mes opinions », a-t-il en effet déclaré. Le 19 avril, il entend accueillir chez lui le Premier ministre hongrois, dont les opinions choquent en Europe.

>> Lire : Le plan secret d’Orbán pour arrêter les réfugiés

Helmut Kohl estime que la crise des réfugiés est un « test à l’acide » pour l’UE, ajoutant qu’une « rechute vers une vieille mentalité d’État nation » mettrait « en danger notre paix et notre liberté ». L’ancien chancelier appelle le bloc à ne pas se limiter aux aspects humanitaires, mais à tenir compte des « intérêts sécuritaires et culturels bien établis » de l’Europe. « [Nombre de réfugiés] ont des origines culturelles différentes. Pour la plupart, ils sont d’autres confessions que la foi judéo-chrétienne, qui est un des fondements de nos valeurs et de notre société », poursuit-il.

Helmut Kohl recommande également aux gouvernements européens de travailler davantage ensemble, plutôt que contre leurs voisins, de monter plus de confiance que de méfiance et plus de fiabilité dans leur collaboration et appelle à une « unité européenne dans la diversité ». Les spécificités nationales méritent le respect and devraient être traitées comme un atout, assure-t-il. Cela inclut également le « désir profond de liberté de la Hongrie, qui rend le pays si précieux pour l’Europe ». Il en profite d’ailleurs pour remercier le pays d’avoir ouvert ses frontières aux réfugiés d’Allemagne de l’Est en été 1989.

Helmut Kohl conclut en disant être « très confiant, mais aussi très inquiet » : l’Europe doit « se serrer les coudes à nouveau. Et la Hongrie doit être présente pour cela ».

>> Lire aussi : Orbán fait une tournée européenne pour un «Schengen 2.0»

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