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01/10/2016

Jean-Claude Juncker veut une armée européenne

L'Europe dans le monde

Jean-Claude Juncker veut une armée européenne

Jean-Claude Juncker à la conférence de presse du sommet. Bruxelles, 12 évrier. [European Council]

L’Union européenne a besoin d’une armée pour faire face aux menaces, notamment celles qui émanent de la Russie, ainsi que pour restaurer la position de force du bloc dans le monde, a indiqué Jean-Claude Juncker, le président de la Commission. 

Jean-Claude Juncker a expliqué à un journal allemand le 8 mars que l’OTAN ne suffisait pas, parce que tous les membres de l’OTAN n’étaient pas dans l’UE. Une armée européenne enverrait donc un signal fort sur la scène mondiale.

« Une armée commune européenne montrerait au monde qu’il n’y aura plus jamais de guerre entre les pays de l’UE », a-t-il déclaré au journal Welt am Sonntag. « Une telle armée aiderait également l’UE à formuler des politiques étrangères et de sécurité et à assumer plus de responsabilités dans le monde. »

Selon le président de la Commission, l’existence d’une armée européenne serait un bon moyen de dissuasion, et aurait constitué un instrument utile dans la crise ukrainienne.

« Munie de sa propre armée, l’Europe pourrait réagir avec plus de crédibilité à toute menace visant la paix dans un État membre ou un pays voisin », ajoute-t-il. « Il ne s’agit pas de créer une armée européenne pour la déployer tout de suite, mais cela permettrait d’envoyer un message clair à la Russie : nous sommes prêts à défendre nos valeurs européennes. »

Les 28 pays de l’UE possèdent déjà des Groupements tactiques, gérés par rotation, censés permettre à l’UE de réagir rapidement par la force. Ces groupements n’ont cependant jamais été utilisés.

Si les dirigeants européens ont déclarés vouloir renforcer la politique de sécurité commune en améliorant les capacités de réaction rapide de l’UE, la Grande-Bretagne et la France, les deux plus grandes puissances militaires du bloc, sont réticents à l’idée de donner une dimension militaire renforcée à l’UE, de crainte que cela n’entrave l’action de l’OTAN.

Le ministre de la Défense allemand, Ursula von der Leyen, s’est félicitée des déclarations de Jean-Claude Juncker. « En tant qu’Européens, notre avenir passera par une armée européenne », estime-t-elle.

Contexte

La politique de sécurité et de défense commune (PSDC) a remplacé la politique européenne de sécurité et de défense (PESD). Ce changement de nom a été engendré par le traité de Lisbonne, qui définit une nouvelle section dédiée à cette politique dans les traités fondateurs. Le traité de Lisbonne souligne l'importance et la nature spécifique de la PSDC, qui demeure cependant une partie intégrante de la politique étrangère et de sécurité commune (PECS).

Le traité de Lisbonne inclut pour la première fois une clause de défense mutuelle contraignante liant les États membres. Si le territoire d'un État est victime d'une attaque armée, les autres membres sont à présent obligés de lui fournir aide et assistance.

Cette clause prévoit deux exceptions :

  • la clause de défense mutuelle n'affecte pas la politique de sécurité et de défense de certains États membres, spécifiquement celle des États traditionnellement neutres ;
  • la clause de défense mutuelle n'a pas d'incidence sur les engagements pris dans le cadre de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

À ce jour, il n'existe pas de dépenses ou de budget communs concernant la défense dans l'UE. La crise des dépenses publiques a entraîné des coupes dans les budgets de défense. Comme dans les traités précédents, la PSDC reste une compétence gouvernementale.

Le problème de la contraction des budgets de défense est aggravé par la fragmentation, qui conduit à des doubles emplois inutiles au niveau des capacités, des organisations et des dépenses. Des études sur la valeur ajoutée de dépenses communes montrent que l'intégration des armées de terre européennes permettrait aux États de faire des économies considérables.

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