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24/01/2017

John Kerry lance un appel pour une Europe unie

L'Europe dans le monde

John Kerry lance un appel pour une Europe unie

John Kerry

John Kerry, le secrétaire d’État américain, a appelé à une Europe plus forte après le référendum du Brexit. Face à la montée du populisme et à la belligérance de la Russie, il propose un partenariat renforcé entre Bruxelles et Washington.

« Il n’y a pas de réponse facile à nos peurs », a rappelé le secrétaire d’État américain, John Kerry, en référence aux nombreuses crises qui secouent l’Europe. « Ce qu’il y a, c’est un moment où il est logique de se rappeler de qui nous sommes et des valeurs que nous défendons. »

Tweet du département d’État américain : Le Secrétaire John Kerry parle de l’importance des relations transatlantiques dans le monde actuel.

« Ici, en Belgique, la devise nationale est ‘L’union fait la force’. Aux États-Unis, nous avons une autre version : E pluribus unum, de plusieurs, un seul. L’unité au sein de l’Europe et le partenariat entre l’UE et les États-Unis restent absolument indispensables pour la sécurité et la paix dans le monde », a-t-il assuré. Le secrétaire d’État était à Bruxelles à l’occasion d’un sommet sur l’Afghanistan.

John Kerry a également fait un discours lors d’un événement organisé par le Fonds Marshall pour l’Allemagne. Il y a abordé un large éventail de sujets, dénonçant les projets isolationnistes et assurant qu’aucune nation ne pouvait être efficace sans contexte.

« Certains d’entre nous auraient voulu que le vote britannique ait un autre résultat, mais la leçon à tirer de ce choix démocratique n’est pas que nous avons besoin de moins d’Europe et de moins de Royaume-Uni. Au contraire, nous avons besoin de plus de ces deux entités », a-t-il insisté. « Les États-Unis soutiendront leurs amis et alliés des deux côtés de la Manche […], mais nous ne cacherons pas notre intérêt : nous voulons une Europe la plus forte possible, et un Royaume-Uni le plus fort possible, unis par une relation de collaboration et d’intégration. Nous ne devrions pas tenir pour acquis les bienfaits apportés par l’unité européenne », a-t-il martelé, ajoutant que « certains l’oublient trop facilement ».

« Une réforme de l’UE est nécessaire », a-t-il jugé, « mais la dissolution des institutions est une stratégie dangereuse et qui manque de vision. Il ne sera pas possible de faire marche arrière après ça. »

Moscou ne cherche pas la paix

John Kerry n’a pas mâché ses mots en parlant de la Russie, dont il a attaqué la « décision irresponsable et infondée » de soutenir le président syrien, Bachar Al-Assad. Malgré la fin de la coopération entre Moscou et Washington, il faut cependant continuer à œuvrer pour une résolution de la crise en Syrie.

« Soyons clairs : nous n’abandonnons pas le peuple syrien et nous n’abandons pas nos efforts pour la paix », a-t-il assuré. « Nous continuerons à rechercher un arrêt des hostilités durable et applicable partout dans le pays, et cela inclut la fin des opérations des avions de combat syriens et russes. »

Le 3 octobre, les États-Unis ont en effet décidé de cesser les négociations sur un cessez-le-feu syrien avec la Russie, accusant Moscou de ne pas respecter ses engagements. Les États-Unis sont cependant décidés à créer les conditions nécessaires pour la reprise des discussions, a expliqué le secrétaire d’État, qui assure que Moscou et Damas « savent exactement ce qu’ils doivent faire ».

La Russie a fermé les yeux sur les actes « déplorables » du régime, comme l’utilisation de gaz chloré, a poursuivi John Kerry, qui accuse Bachar Al-Assad  de confondre diplomatie et stratégie de la terre brûlée. « Où ils ont fait un désert, ils disent qu’ils ont donné la paix », a-t-il déclaré, citant l’historien romain Tacite. Si la Russie voulait réellement la paix, son attitude serait différente, conclut-il.

Quant aux États-Unis, ils n’abandonneront pas leur idéal de paix et gagneront la confrontation avec Daech sans modifier la nature de la société américaine ou succomber à la peur ou à la bigoterie, a martelé le représentant américain.