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06/12/2016

Le Kosovo s’insurge contre le candidat serbe à l’ONU

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Le Kosovo s’insurge contre le candidat serbe à l’ONU

Vuk Jeremic

Le Kosovo s’indigne de la candidature de l’ancien ministre serbe des Affaires étrangères, Vuk Jeremić, au secrétariat général de l’ONU. Selon les manifestants, le candidats ne présente pas les qualités pacifistes requises.

« L’homme politique le plus anti-albanais qui existe », c’est ainsi que les manifestants rassemblés à Pristina, la capitale du Kosovo, décrivent le candidat serbe au secrétariat général de l’ONU. S’il est choisi, le Kosovo verrait ses espoirs de rejoindre les Nations Unies repoussés d’au moins dix ans, dénoncent-ils. Selon l’activiste Jeta Berisha, tous les partis politiques du pays soutenaient l’événement. Une deuxième manifestation est prévue le 3 septembre.

Vuk Jeremić a été ministre serbe des Affaires étrangères de 2007 à 2012 et président de l’Assemblée générale de l’ONU de septembre 2012 à septembre 2013. Né en 1975, il est la plus jeune personnalité politique à avoir occupé ce poste.

Suite à la déclaration d’indépendance du Kosovo, en 2008, Vuk Jeremić a lancé une campagne pour empêcher l’État autoproclamé, qui n’est toujours pas reconnu par Belgrade, d’intégrer la communauté internationale. Durant ses cinq ans de mandat, il a pris plus de 1 000 vols pour visiter plus de 100 pays, et se vantait de « connaitre à peu près 90 % des ministres des Affaires étrangères du monde ».

« Caractère pacifique »

Le 10 août, le ministre kosovar des Affaires étrangères, Enver Hoxhaj, a assuré au BIRN, le réseau de journalisme d’investigation des Balkans, que Vuk Jeremić n’était pas engagé pour la paix, et ne devrait donc pas obtenir le poste de secrétaire général de l’ONU. Pour le ministre, le candidat serbe est « le plus inadéquat », étant donné qu’il ne possède pas le « caractère pacifique » que devrait avoir le secrétaire général de l’ONU.

« En tant que ministre des Affaires étrangères serbe, Vuk Jeremić a fait pression contre la reconnaissance internationale du Kosovo et s’est opposé aux politiques américaines et européennes dans le pays », a-t-il souligné. « Ses positions destructrices font de lui le candidat le plus inadéquat pour avancer la doctrine ‘responsabilité de protection’ et le principe résolution pacifique des conflits promus par l’ONU. »

Dans les deux votes blancs organisés respectivement le 21 juillet et le 5 août, le candidat serbe est arrivé cinquième, puis second. Un troisième vote a eu lieu le 29 août. Trois candidats sont en tête : Irina Bokova, António Guterres et Miroslav Lajčák.

>> Lire : Les Européens en bonne position pour le poste de secrétaire général de l’ONU

Lors de ce vote, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU avaient trois options : encourager, dissuader ou n’exprimer aucune opinion sur les 12 candidats. Le troisième vote blanc a pour objectif de convaincre le plus de candidats possible de se retirer, afin que les négociations commencent sur un nombre plus restreint de nominés, selon les diplomates.

Les cinq membres permanents du Conseil (États-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni et France) ont un droit de véto, qui n’a cependant pas encore été utilisé. La procédure devrait se conclure d’ici la fin de l’année, étant donné que le mandat de Ban-ki Moon touche à sa fin le 31 décembre.

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