L’Egypte rachète les Mistral français construits pour les Russes

La France a annoncé le 3 septembre la suspension de la livraison des Mistral (Credit: [K B]/Flickr)

Les navires que la France a refusé de vendre à la Russie ont trouvé acquéreur en Egypte.

 

La France et l’Egypte ont conclu un accord sur le principe et les modalités du rachat des deux navires de guerre Mistral initialement destinés à la Russie, annonce mercredi la présidence française.

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«Le président de la République (François Hollande) s’est entretenu avec le président Sissi. Ils se sont accordés sur le principe et les modalités de l’acquisition par l’Egypte des deux bâtiments de projection et de commandement de classe Mistral», a indiqué l’Elysée dans un communiqué.

La France avait annoncé début août l’annulation de la vente à la Russie des deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) Mistral conclue en 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, une décision dont le coût est de 950 millions d’euros, la somme remboursée aux autorités russes.

Des négociations étaient depuis lors en cours avec une dizaine de pays, dont l’Egypte, après avoir annoncé, début août, l’annulation de la vente à la Russie des deux bâtiments de projection et de commandement (BPC).

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Le porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll, a assuré mercredi que la vente à l’Egypte n’entraînerait pas de perte financière par rapport à ce qu’était le contrat initial.

Conclue en 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la vente à la Russie du Vladivostok et du Sébastopol avait été suspendue sine die en novembre 2014 sur décision de François Hollande en raison du rôle de Moscou dans le conflit ukrainien.

La Russie est accusée d’apporter son soutien aux rebelles séparatistes prorusses dans l’est de l’Ukraine.

Le Caire a récemment signé plusieurs contrats d’armement importants avec l’industrie française de l’armement, financés, selon une source diplomatique, par l’Arabie saoudite.

Dassault Aviation avait livré le 20 juillet à l’Egypte les trois premiers Rafale jamais exportés par l’avionneur français. Ces trois avions de combat font partie d’une commande de 24 unités passée en février.

Cette commande de 24 Rafale (16 biplaces et huit monoplaces) entrait dans le cadre d’un contrat global de 5,2 milliards d’euros qui comprenait aussi des missiles et une frégate.

Elle a été suivie en mai pour un contrat de 24 avions aussi avec le Qatar, tandis que des discussions ont démarré début avril pour l’achat par l’Inde de 36 avions.