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19/01/2017

L’UE propose un plan d’action à la Turquie sur la crise des réfugiés

L'Europe dans le monde

L’UE propose un plan d’action à la Turquie sur la crise des réfugiés

Un accord oral entre les dirigeants de l'UE et Recep Tayyip Erdogan a été trouvé le 5 octobre

[Rat der Europäischen Union]

L’UE et Ankara travaillent à un « plan d’action commun » qui prévoit la mobilisation de fonds européens et l’accueil en Europe de réfugiés qui affluent en Turquie, en échange de l’ouverture de centres d’accueil de demandeurs d’asile sur le territoire turc.

L’UE et la Turquie s’achemine vers un plan d’action commun pour gérer la crise des réfugiés. Les Européens attendent notamment de la Turquie qu’elle ouvre six « centres de réception » de réfugiés cofinancés par l’UE, une perspective jusqu’ici rejetée par le gouvernement turc.

Ils demandent aussi qu’elle effectue davantage de patrouilles et d’opérations de secours au large de ses côtes, et qu’elle reprenne les migrants économiques renvoyés par l’UE.

>>Lire : Le distinguo entre réfugiés et migrants divise l’Europe

La mise en œuvre de ce plan d’action « va contribuer à accélérer le processus de libéralisation des visas » pour les Turcs voulant voyager en Europe, a assuré la Commission européenne, qui a publié mardi une version provisoire du texte négocié avec Ankara.

Les autorités turques n’ont pas réagi dans l’immédiat. L’annonce intervient après un accord de principe trouvé entre les dirigeants des institutions européennes et le président turc, Recep Tayyip Erdogan, lundi lors d’une visite à Bruxelles, a affirmé la Commission européenne.

La Turquie, pays pivot

La Turquie joue un rôle pivot: chaque jour, depuis ses côtes, embarquent des milliers de personnes pour les îles grecques de la mer Égée. Une fois arrivées sur le continent, elles poursuivent leur route par les Balkans jusqu’en Hongrie ou Croatie, d’où elles tentent de gagner le nord de l’Europe, dans l’espoir d’y trouver l’asile.

« Le plan d’action » liste « une série d’actions et de collaborations qui doivent être mises en œuvre urgemment pour maîtriser l’afflux de réfugiés de la Turquie vers l’UE.

Chacune des propositions de l’accord doit encore être approuvée par les deux parties, a indiqué l’exécutif bruxellois dans un communiqué.

>>Lire : Le plan secret d’Orbán pour arrêter les réfugiés

Les Européens, qui font face à la pire crise migratoire depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, craignent l’arrivée de nouvelles vagues de réfugiés en raison de l’aggravation de la crise syrienne où l’aviation russe mène désormais des frappes contre les rebelles et groupes islamistes en soutien au président Bachar al-Assad.

‘Nouvelle vague’

« Une victoire potentielle du régime d’Assad est plus probable aujourd’hui en raison de l’engagement de l’Iran et de la Russie en Syrie, et cela résultera dans une prochaine vague migratoire », a prévenu le président du Conseil européen, Donald Tusk, mardi matin.

« Selon les estimations des Turcs, trois millions de réfugiés supplémentaires pourraient venir d’Alep et de ses environs », a-t-il insisté.

Le Premier ministre Ahmet Davutoglu avait rejeté avec véhémence la semaine dernière l’installation sur son sol des camps d’accueil et d’enregistrement des migrants souhaités par l’UE, la jugeant « inacceptable » et « inhumaine ».

La Turquie, où la campagne pour les élections du 1er novembre bat son plein, craint surtout que ces « guichets » pour les candidats à l’asile –avec la perspective d’être peut être transférés pour certains en Europe– ne provoquent une ruée de candidats, alors qu’elle accueille déjà 2,2 millions de réfugiés syriens.

Un milliard d’euros sur deux ans

L’UE a réitéré sa promesse de « mobiliser jusqu’à un milliard d’euros » en 2015 et 2016 pour la Turquie et d’abonder un fonds pour la santé et la scolarisation des réfugiés syriens à hauteur de 500 millions d’euros.

Les dirigeants européens s’engagent surtout à « soutenir » les projets de « réinstallation » qui « permettraient à des réfugiés en Turquie d’entrer dans l’UE d’une façon ordonnée », et sans risquer leur vie sur des embarcations de fortune en mer Égée.

Cet été, les 28, la Norvège, la Suisse, l’Islande et le Liechtenstein se sont ainsi engagés à un programme de répartition de 22.500 réfugiés vivant dans des camps dans des pays voisins de la Syrie.

>>Lire : L’UE adopte la répartition des réfugiés sans l’accord de l’Est

« Le travail sur une approche structurée des réinstallations dans toute l’UE sera intensifié », selon le plan d’action. Ce débat s’annonce explosif, alors que les pays de l’UE se sont déchirés ces dernières semaines sur la répartition de 160.000 réfugiés déjà arrivés dans l’Union.

Bruxelles met également l’accent sur « la lutte contre les passeurs de migrants », grâce à un renforcement des moyens des garde-côtes turcs, qui devraient multiplier les patrouilles mais aussi les sauvetages en mer.