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23/01/2017

La France et l’Allemagne font monter la pression sur la répartition des réfugiés

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La France et l’Allemagne font monter la pression sur la répartition des réfugiés

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Foto: dpa

François Hollande et Angela Merkel ont appelé à une action européenne plus ambitieuse face à la crise migratoire. Plusieurs pays restent farouchement opposés à tout système de répartition, à deux jours d’un Sommet européen. 

À l’issue d’une visite officielle au Maroc, le président François Hollande a réaffirmé l’importance d’une réparation européenne des demandeurs d’asile, lors d’une conférence de presse.

Concernant la répartition « des réfugiés relevant du droit d’asile, cette répartition doit être de tous les pays européens, aucun ne peut s’exonérer ou alors nous n’appartenons plus au même ensemble fondé sur des valeurs et des principes », a déclaré M. Hollande.

Le chef de l’État français s’exprimait à trois jours d’un sommet européen extraordinaire qui doit décider mercredi à Bruxelles de la répartition solidaire de 120.000 réfugiés dans les États membres.

Mécanisme obligatoire

M. Hollande a par ailleurs rappelé qu’il avait « souhaité avec la chancelière (allemande) Angela Merkel que ce mécanisme (de répartition) puisse être obligatoire » mais que certains pays « s’y refusent ».

Il a indiqué avoir demandé à son ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve de défendre ce mécanisme lors de la réunion avec ses homologues européens mardi, à la veille du sommet.

>>Lire : L’UE échoue à s’entendre sur les réfugiés

« Nous veillerons à ce que le mécanisme soit effectif quelles que soient ses modalités et que les engagements puissent être tenus et que ce ne soient pas les mêmes pays qui reçoivent les réfugiés », a-t-il prévenu.

« Je souhaite vivement que cette question puisse être autant qu’il est possible réglée par le Conseil des ministres (européens de l’Intérieur) et que tout ne soit pas renvoyé au Conseil européen », a-t-il ajouté.

Répartition de 120.000 réfugiés

Mercredi à Bruxelles, les 28 États membres de l’UE doivent en particulier se mettre d’accord sur la répartition de 120.000 réfugiés proposée par la Commission européenne pour soulager l’Italie, la Grèce et la Hongrie, qui font face à un afflux sans précédent de demandeurs d’asile.

Une majorité d’entre eux sont favorables à cette mesure d’urgence, mais plusieurs pays s’opposent farouchement à ce plan dont la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et la République tchèque.

>>Lire : Juncker veut relocaliser d’urgence 160.000 réfugiés

De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel, a estimé que l’Union européenne devait prendre sa part de responsabilité dans la gestion de la crise des réfugiés, précisant que son pays ne pourrait pas accueillir les migrants qui rejoignent l’Europe pour des motifs économiques.

« L’Allemagne souhaite apporter une aide. Mais ce n’est pas un défi pour l’Allemagne seule, c’est un défi pour toute l’Europe », a déclaré Angela Merkel lors d’une réunion d’organisations syndicales.

Défi pour toute l’Europe

« L’Europe doit agir ensemble et prendre ses responsabilités. L’Allemagne ne peut pas supporter cette tâche seule », a-t-elle ajouté.

La chef du gouvernement allemand, adoptant un ton plus prudent que lors de ses précédentes déclarations, a indiqué que son pays ne pourrait pas accueillir les migrants qui fuient pour d’autres raisons que la guerre et les persécutions.

>>Lire : Le groupe de Visegrád rejette les quotas de migrants

« Nous sommes un grand pays. Nous sommes un pays fort. Mais faire comme si nous étions capables de résoudre seuls tous les problèmes sociaux du monde ne serait pas réaliste », a-t-elle dit.

« Nous voulons offrir un abri à ceux qui en ont besoin, mais nous devons dire à ceux qui viennent pour d’autres raisons, pour des raisons économiques, qu’ils n’ont pas vocation à rester », a-t-elle poursuivi.