La Grèce s’apprête à reconnaitre la Palestine

Alexis Tsipras, Nikos Kotzias et Mahmoud Abbas. [Greek Ministry of Foreign Affairs/Flickr]

Le gouvernement Syriza, dont le parti est majoritaire au parlement, a l’intention de reconnaitre la Palestine depuis longtemps.

 >> Lire : Syriza va reconnaître l’État palestinien

Les parlements français, britannique, irlandais et espagnol, ainsi que le Parlement européen, ont déjà adopté des résolutions reconnaissant la Palestine. Des votes symboliques, qui n’impliquent pas la reconnaissance officielle du pays. La Suède a été le premier pays de l’UE à franchir ce cap déterminant, en octobre 2014.

En Grèce, le parti de gauche radicale devra se contenter d’une résolution parlementaire. Le gouvernement a pour sa part décidé de ne pas prendre de position officielle, afin de « ne pas nuire aux bonnes relations avec Israël », selon la presse grecque.

Nikos Kotzias, le ministre des Affaires étrangères, a assuré que contrairement aux rumeurs, l’attitude de la Grèce n’était pas ambigüe. Athènes soutient la création d’un État palestinien de plein droit. La reconnaissance de la Palestine « fait partie de la politique étrangère multidimensionnelle » que le gouvernement a décidé d’adopter, explique-t-il.

« Nous maintenons nos relations fraternelles avec le peuple palestinien et le parlement grec approuvera bientôt la reconnaissance de la Palestine », a souligné Nikos Kotzias. Il a également souligné qu’Athènes accueillerait « avec plaisir » la visite du président palestinien, Mahmoud Abbas, le 21 décembre.

« Je sais que notre politique extérieure multidimensionnelle pose un problème à beaucoup de gens. Quand nous nous rendons aux États-Unis, on nous appelle pro-américains. Quand nous allons en Russie, on nous dit pro-russes […] La réalité est simple : nous défendons toujours et partout les valeurs et les intérêts du pays. Partout, sans exception », a-t-il assuré.

Nouvelle démocratie s’inquiète

Le principal parti d’opposition, Nouvelle démocratie, de centre droit, en pleine préparation pour les élections internes du parti, estime qu’Alexis Tsipras cherche les ennuis.

Une source au sein du parti a expliqué à EURACTIV Grèce qu’il n’y avait aucune raison que la Grèce reconnaisse la Palestine « maintenant », parce que le sujet n’était pas « urgent ».

« [Alexis Tsipras] veut s’attaquer à un sujet compliqué, auquel on n’a pas trouvé de solution depuis des années. Que pense-t-il y gagner ? Il veut provoquer Israël ? », s’emporte ce membre de Nouvelle démocratie. « Quand on est en difficulté, il faut s’arranger pour créer des alliances, pas pour se faire des ennemis. »

Il ajoute également que son parti s’abstiendra probablement de voter sur le sujet. La Grèce a reconnu Israël officiellement en 1990, quand Nouvelle démocratie était au pouvoir. 

Prochaines étapes

  • 22 décembre : Vote sur la reconnaissance de l'État de Palestine au parlement grec.