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06/12/2016

La lutte contre le terrorisme passe aussi par Internet

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La lutte contre le terrorisme passe aussi par Internet

Twitter a fermé 360 000 comptes depuis mi-2015.

[Esther Vargas/Flickr]

Twitter a fermé 360 000 comptes pour menace ou apologie d’actes terroristes depuis mi-2015. En Europe, Europol surveille de nombreuses plate-formes.

Certains responsables politiques ou représentants de la société civile accusent le réseau social de ne pas agir avec suffisamment de fermeté contre ses utilisateurs soupçonnés de liens ou de sympathie à l’égard de l’organisation État islamique.

Twitter affirme avoir accéléré les fermetures de comptes depuis février dernier, avec 235 000 fermetures supplémentaires en plus des 125 000 effectuées depuis mi-2015, des décisions pour la plupart liées à l’État islamique.

>> Lire : Un nouveau projet contre le terrorisme reproche à Twitter son laxisme

80% de plus cette année

L’entreprise souligne que le nombre quotidien de suspension de comptes a bondi de 80% depuis l’année dernière et que ces fermetures sont effectuées de plus en plus rapidement, avec des délais de réaction raccourcis.

Le réseau s’appuie essentiellement sur les signalements effectués par ses utilisateurs pour identifier les comptes problématiques et il dit avoir augmenté ses effectifs chargés d’examiner ces signalements. Il utilise aussi une technologie anti-spam pour identifier les utilisateurs récidivistes en matière de messages choquants, y compris ceux qui créent de nouveaux comptes lorsqu’ils sont suspendus.

« Notre travail n’est pas terminé », dit Twitter, en jugeant cependant que ses « efforts continuent de donner des résultats significatifs ».

>> Lire : Le Parlement met en cause la responsabilité des plateformes Internet dans la lutte contre le terrorisme

Ne pas baisser la garde

Le Counter Extremism Project (CEP) a réagi à l’annonce de Twitter en encourageant l’entreprise à continuer sur sa lancée.

« Il est clair que les extrémistes continuent d’utiliser les réseaux sociaux et les plateformes de communication en ligne pour s’organiser, faire de la propagande et inciter [à la violence] », lit-on dans la réaction du CEP. « Nous encourageons Twitter à continuer à construire les compétences nécessaires, afin de pouvoir appliquer proactivement ses politiques liées au terrorisme. Et les autres réseaux sociaux devraient suivre cet exemple et intensifier leurs efforts afin de respecter leurs conditions d’utilisation en supprimant les contenus extrémistes. »

>> Lire : Les données bouleversent la lutte contre le terrorisme

Signalement des contenus

Il y a un an, Europol avait créé l’unité de l’UE chargée du signalement des contenus sur Internet (IRU). Cette unité a pour but de combattre la propagande et d’empêcher la communication des organisations terroristes sur Internet.

Une fois les contenus identifiés par l’IRU ou les États membres, ceux-ci sont signalés aux plateformes, qui décident ou non de les supprimer. Les recommandations de l’IRU font cependant autorité, puisque dans 91,4% des cas, les contenus sont en effet effacés.

Cette nouvelle structure a également encouragé les États à s’impliquer, puisque leur contribution est passée d’une dizaine de signalements en 2014 à près de 200 dans la première moitié de 2016.

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