L’armée russe montre ses muscles aux portes de l’Europe

L'opération Zapad-2017 (« Ouest-2017 ») implique près de 12 700 soldats pendant une semaine le long de la frontière avec la Lituanie et la Pologne. [ID1974/Shutterstock]

La Russie lance jeudi aux portes de l’UE de vastes manœuvres militaires conjointes avec le Biélorussie. « Purement défensive », selon Moscou, l’opération n’en est pas moins une démonstration de force selon certains membres de l’Otan. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Moscou s’efforce de rassurer sur ces exercices, répondant au nom de code Zapad-2017 (« Ouest-2017 ») qui doivent impliquer selon elle près de 12 700 soldats pendant une semaine le long de la frontière avec la Lituanie et la Pologne.

Le chef d’état-major russe, Valeri Guerassimov, a assuré début septembre lors d’une rare rencontre à Bakou avec le chef du Comité militaire de l’Otan, le Tchèque Petr Pavel, que ces manœuvres étaient « planifiées de longue date » et n’étaient « dirigées envers aucun pays en particulier ».

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L’inquiétude à l’Ouest

L’armée russe organise tous les ans à cette période des manœuvres d’ampleur dans une région différente de Russie. Cette année, elles ont lieu au Biélorussie, dans l’enclave de Kaliningrad et dans plusieurs régions du nord-ouest de la Russie.

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Bataillon de l’OTAN à la frontière russe. | Jonathan Jacobsen AFP

Autrement dit, près de la Pologne et des pays baltes qui depuis l’annexion de la Crimée en 2014 et l’éclatement du conflit dans l’est de l’Ukraine ont été plus prompts à dénoncer la Russie comme une menace potentielle à leur souveraineté.

Certains pays, la Lituanie et l’Estonie en tête, doutent des chiffres avancés par Moscou pour ses exercices militaires et évoquent « plus de cent mille soldats » mobilisés du 14 au 20 septembre.

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Le doute sur la transparence de la Russie

Les exercices Zapad-2017 « sont désignés pour nous provoquer, pour tester nos défenses et c’est pour cela que nous devons être forts », a déclaré dimanche le ministre britannique de la Défense Michael Fallon, s’inquiétant d’une Russie « de plus en plus agressive ».

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a assuré ne pas y voir « de menace imminente contre un allié », tout en regrettant un manque de transparence.

« La Russie est capable de manipuler les chiffres avec une grande aisance, c’est pourquoi elle ne veut pas d’observateurs étrangers. Mais 12 700 soldats annoncés pour des manœuvres stratégiques, c’est ridicule », affirme l’expert militaire indépendant Alexandre Golts, selon lequel le véritable chiffre se situe néanmoins bien en deçà de 100 000 militaires.

« Déploiement rapide »

La Russie revendique de son côté son droit à mener des exercices militaires sur son territoire et dénonce en retour l’expansion de l’Otan à ses frontières.

L’Alliance dispose désormais de plus de 4 000 soldats déployés dans les pays baltes et en Pologne.

Les exercices russes Zapad-2017 se déroulent quasi parallèlement à des exercices en Ukraine impliquant l’armée américaine -dont des soldats avaient déjà défilé en août à Kiev pour la première fois- et à des manœuvres en Suède mobilisant près de 19 000 soldats et simulant une attaque fictive venue d’un « opposant plus grand et sophistiqué ».

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