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04/12/2016

Le démantèlement de la Jungle de Calais en passe d’aboutir avec l’évacuation des mineurs

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Le démantèlement de la Jungle de Calais en passe d’aboutir avec l’évacuation des mineurs

La jungle a été vidée et le site restera inaccessible, assure François Hollande.

[MalachyBrowne/Flickr]

Les derniers abris de la jungle de Calais ont été détruits le 31 octobre, signant l’épilogue de l’évacuation de plus de 6 000 migrants. Les mineurs doivent encorte être évacués cette semaine, avant que leurs demandes de transfert vers la Grande-Bretagne soit examinée.

François Hollande a salué une opération « humaine et digne, mais aussi efficace et ferme » et assuré les habitants de Calais qu’il n’y aurait « pas de réinstallation sur la lande ».

Une polémique entre Paris et Londres sur le sort des quelque 1 500 mineurs isolés qui résident toujours sur place, dans un Centre d’accueil provisoire (CAP), a toutefois terni le tableau.

Le président français, dans un entretien à paraître mardi dans La Voix du Nord, précise avoir demandé aux Britanniques « d’aller au plus loin possible dans l’application de leurs critères » d’accueil.

La préfète du Pas-de-Calais a annoncé dans un communiqué que le retrait de tous les abris avait pris fin à 18h00. Plus tôt dans la journée, un porte-parole de la préfecture avait indiqué à Reuters que le nettoyage de la zone où se trouvait le bidonville se poursuivrait pour une durée « difficile à déterminer avec précision ».

Hormis des incendies d’abris accompagnés d’explosions de bouteilles de gaz qui ont fait un blessé léger parmi les migrants, l’opération s’est déroulée sans tension. Aucun heurt n’a éclaté entre les forces de l’ordre et les militants No Border, comme pouvaient le craindre les autorités.

« C’est une opération qui a été conduite de manière humaine et digne, mais aussi efficace et ferme », souligne François Hollande dans La Voix du Nord. La lande « est évacuée. Elle sera sécurisée. Plus personne ne pourra la rejoindre. Depuis lundi dernier, il n’y a d’ailleurs pas eu d’intrusion sur la rocade », ajoute-t-il.

Les migrants, dont 85% sont éligibles au statut de réfugié selon les autorités, pourront désormais demander l’asile depuis leurs Centres d’accueil et d’orientation (CAO).

>> Lire : Hollande annonce la fin de la « jungle » de Calais avant l’hiver

Le « devoir des Britanniques »

Selon les accords de Dublin, les demandeurs d’asile qui ont déjà fait une demande ou laissé leurs empreintes dans un autre pays de l’Union européenne doivent être renvoyés vers ce pays. Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a toutefois fait savoir qu’il ne souhaitait pas « qu’à partir des CAO on procède à des opérations de ‘dublinage’ ».

Reste la question épineuse des mineurs isolés, sur laquelle les gouvernements français et britannique mènent des négociations tendues. La semaine dernière, Londres a appelé Paris à les protéger, suscitant l’agacement des autorités françaises.

« J’ai demandé aux Britanniques d’aller au plus loin possible dans l’application de leurs critères. C’est leur devoir. Et c’est aussi une question de dignité humaine et d’intérêt de l’enfant », a déclaré François Hollande.

>> Lire : Cazeneuve en appelle au « devoir moral » des Britanniques à Calais

« La France aura accueilli plus de 13 000 migrants relevant du statut de réfugié depuis Calais en moins d’un an. Il est donc logique que le Royaume-Uni assume sa part de cet effort pour les mineurs qui disent avoir des liens familiaux avec l’Angleterre, mais également pour tous ceux dont c’est l’intérêt supérieur, comme le prescrit la loi britannique », souligne-t-il.

L’autre grand défi pour la France sera d’éviter que ne se reconstitue un campement similaire à Calais ou dans ses environs, qui serait occupé par des migrants souhaitant rejoindre clandestinement le Royaume-Uni.

« À ce stade, nous n’observons aucune réinstallation, le dispositif anti-squat fonctionne », assure le porte-parole de la préfecture. « Certains doivent se cacher », tempère toutefois François Guennoc, de l’ONG l’Auberge des migrants.

Le nombre de personnes installées aux abords de la station de métro Stalingrad, dans le 19e arrondissement de Paris, a explosé ces derniers jours, au moment où la jungle de Calais était démantelée, sans que l’on sache dans quelle mesure il y a eu un effet de vases communicants.

>> Lire : Le transfert de réfugiés de Calais au Royaume-Uni annulé par la cour d’appel