Le ministre allemand des Finances défend la formation d’une armée européenne

Wolfgang Schäuble juge nécessaire l’augmentation des dépenses en faveur des initiatives de défense européennes communes. Un article de notre partenaire, La Tribune.

L’Europe de la Défense se ranimerait-elle à Berlin ? C’est du moins ce que laisse entendre le ministre allemand des Finances dans un entretien paru ce 27 décembre. « Nous allons devoir dégager beaucoup plus de moyens pour des initiatives de défense européennes communes »,a déclaré Wolfgang Schäuble dans l’édition dominicale du magazine Bild.

Vers une armée européenne

« À terme, notre but doit être une armée européenne commune. Les moyens affectés aux 28 armées nationales pourraient être employés beaucoup plus intelligemment s’ils étaient mis en commun », estime le ministre allemand.

La création Défense européenne, souvent qualifiée de « serpent de mer » revient au cœur des discussions depuis les attentats de Paris.  En novembre, peu après les attaques terroristes survenues dans la capitale française, Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian, respectivement ministres des Affaires étrangères et de la Défense ont réuni leurs homologues allemands, polonais, italiens et espagnols lors d’une réunion qui débouché sur une déclaration commune.

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Divisions sur l’accueil des réfugiés

Plus d’un mois plus tard, la prise de position de Wolfgang Schäuble cible en outre l’afflux de réfugiés provenant du Proche-Orient et d’Afrique. Pour tenter d’endiguer ces mouvements de population, le doyen du gouvernement allemand estime que Berlin doit s’impliquer davantage dans les opérations de politique étrangère et de sécurité afin de « stabiliser » ces régions. L’Allemagne compte près d’un million de nouveaux arrivants pour la seule année 2015.

Sur la question des migrants, qui divise l’Europe depuis plus d’un an, le ministre des Finances allemand a appelé à la compréhension vis-à-vis des pays de l’Est de l’Europe. Ces derniers « doivent aussi prendre des réfugiés, mais moins que l’Allemagne », estime-t-il, comparant la situation actuelle, avec celle qui a suivi la Réunification quand « les États-régions d’Allemagne de l’Est refusaient aussi de prendre des réfugiés, parce que leur population ne connaissait aucun étranger ».

Alors ministre de l’Intérieur, Wolfgang Schäuble a prévu que les régions de l’ex-RDA « en accueilleraient mais proportionnellement moins [que l’Ouest, ndlr] pour que les gens puissent s’y habituer », a-t-il rappelé.

Athènes (encore) dans le viseur de Schäuble

Il s’est montré moins conciliant avec Athènes, estimant que la Grèce ne contrôlait pas suffisamment les arrivées dans le cadre des accords de Dublin. Ces derniers prévoient que les migrants doivent s’enregistrer dans le premier pays de l’Union européenne où ils arrivent.

« Les Grecs ne devraient pas rejeter uniquement la responsabilité des problèmes sur les autres, ils devraient également regarder ce qu’ils peuvent faire pour s’améliorer », a-t-il affirmé.

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