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25/09/2016

Le Parlement européen pourrait reconnaître l’État palestinien

L'Europe dans le monde

Le Parlement européen pourrait reconnaître l’État palestinien

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Les eurodéputés se prononceront le 27 novembre sur une résolution appelant à la reconnaissance d’un État palestinien. Un vote symbolique qui pourrait pousser plus d’Etats membres à s’emparer du dossier. 

La reconnaissance d’un État palestinien gagne du terrain en Europe, où une proposition de résolution doit être débattue et votée au Parlement européen lors de la session plénière du 24 au 27 novembre à Strasbourg.

« C’est un première et un événement historique de proposer cette résolution au Parlement européen » s’est félicité Gilles Pargneaux, eurodéputé socialiste français et membre de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, à l’origine de la proposition.

Élan européen

La question du soutien de l’Europe à la création d’un État palestinien a pris de l’ampleur ces dernières semaines avec la décision du gouvernement suédois. Ce dernier en effet reconnu officiellement le 30 octobre l’État palestinien, devenant le premier pays d’Europe occidentale à prendre cette position.

 En octobre, les parlementaires britanniques de la Chambre des communes avaient également adopté un texte demandant au gouvernement de reconnaître l’État palestinien, suivi par l’Espagne et l’Irlande. En France, un projet de résolution socialiste en ce sens est également à l’étude.  

>>Lire : Des députés PS suggèrent que la France reconnaisse l’État palestinien

Du côté de la Commission européenne, la question a aussi pris de l’ampleur depuis l’arrivée de Federica Mogherini aux commandes de la diplomatie européenne.

Dès sa prise de fonction, la haute représentante pour les Affaires étrangères de l’UE a rapidement adopté une position ambitieuse sur la question palestinienne, en déclarant notamment dans la presse qu’elle serait « heureuse si, au terme de [son] mandat, l’État palestinien existait »

>>Lire : La Suède reconnaît l’État palestinien

« Si cette résolution est adoptée, ce sera un grand pas en avant vers la reconnaissance par l’Europe d’un État palestinien, même si le Parlement européen n’a pas de compétence décisionnelle en matière d’affaires étrangères » a détaillé l’eurodéputé français.

La proposition est soutenue par le groupe socialiste au Parlement européen, tandis que la gauche radicale a d’ores et déjà pris position en faveur de la résolution. « Le Parlement européen a le devoir de reconnaitre la Palestine comme différents parlements nationaux au sein de l’UE le font »  a déclaré la GUE dans un communiqué.  

Parmi les autres forces politiques, les groupes sont toujours en concertation afin d’élaborer une résolution commune, ont confirmé différentes sources. La décision et les consignes de votes seront prises entre le 24 et 26 novembre, jour du débat.   

« Je pense que la résolution a de bonnes chances d’être votée. Et si c’est le cas, comme un certain nombre d’États membres y sont déjà favorables, le Conseil devra bouger » pronostique Gilles Pargneaux.

Selon l’élu, la gauche radicale, les socialistes et les verts sont largement favorables à la résolution, tandis que chez les libéraux et le PPE, les voix sont divisées.

Si la résolution du Parlement n’est pas contraignante, elle devrait constituer un appel politique fort à destination des États membres de l’UE.

135 pays reconnaissent l’État palestinien

Au total, 135 pays reconnaissent l’État palestinien. Au sein de l’Union européenne, les pays de l’ancien bloc de l’Est ont tous reconnu la Palestine avant leur adhésion à l’UE : la Bulgarie,  Chypre, la  République tchèque, la Hongrie, Malte, la Pologne, la Roumanie et la  Slovaquie. Et tous ont reconnu l’État palestinien avant de rejoindre l’UE.

Dans les pays candidats à l’adhésion à l’UE, le Monténégro, la Serbie, la Turquie et la Bosnie font également partie des pays reconnaissant l’État palestinien.

Contexte

L'Etat d'Israël a été créé en 1948, remplaçant le mandat britannique de Palestine suite à un conflit qui a résulté en la fuite d'au moins 750 000 Palestiniens. 19 ans plus tard, la crise des réfugiés a été exacerbée par l'invasion et l'occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza pendant la guerre de Six Jours de 1967. Par la suite, Israël a annexé Jérusalem-Est à son territoire et a construit des colonies en Cisjordanie qui accueillent aujourd'hui 500 000 Juifs israéliens.

Avec la Déclaration de Venise en 1980, l'UE, qui reconnaît le droit de la Palestine à l'autodétermination, est devenue la troisième partie du conflit international israélo-palestinien. En 1986, l'UE est allée plus loin en promulgant un règlement permettant aux Palestiniens en territoires occupés d'exporter des produits en Europe sous le label « Made in the West Bank and Gaza » (en français : fabriqué en Cisjordanie et à Gaza).

Après la signature de l'Accord d'Oslo en 1993, l'UE a accru son engagement dans le processus de paix en soutenant financièrement l'Autorité palestinienne naissante. Toutefois, la position de l'UE, à savoir que tout accord de paix devrait respecter les frontières originales de 1967, ce qui permettrait aux Palestiniens d'établir leur capitale à Jérusalem-Est, rencontre une vive opposition en Israël.

En décembre 2010, 26 anciens leaders de l'UE, y compris Javier Solana et Helmut Schmidt, ont demandé un boycott et des sanctions à l'encontre d'Israël pour la construction des colonies.