EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

01/10/2016

Les désaccords de l’UE compliquent le renouvellement des sanctions contre la Russie

L'Europe dans le monde

Les désaccords de l’UE compliquent le renouvellement des sanctions contre la Russie

Selon Frank-Walter Steinmeier, Berlin va « travailler dur pour que l'Europe présente un front uni » face à la Russie.

[Rat der Europäischen Union]

Pour l’Allemagne,  la reconduction des sanctions européennes contre la Russie sera « plus difficile » cette année, en raison « d’une résistance accrue » de certains pays membres.

« Nous sommes conscients du fait que la résistance dans l’UE vis-à-vis de la prolongation des sanctions contre la Russie a augmenté », a déclaré Frank-Walter Steinmeier dans une interview publiée le 26 mai par l’agence balte BNS le jour du début de sa visite à Vilnius.

« Il sera plus difficile que l’année dernière de trouver une position commune sur cette question », a-t-il reconnu, à la veille d’une brève tournée dans les pays baltes, où la Russie est crainte et critiquée.

Les sanctions européennes touchant les banques, les secteurs de la défense et de l’énergie expirent en juillet. Leur prolongation nécessite un vote unanime et ce dossier doit faire l’objet de discussions en juin.

Selon M. Steinmeier, Berlin va « travailler dur pour garantir que l’Europe présente un front uni ». Une éventuelle levée des sanctions est « inextricablement liée » au respect des accords de Minsk, censés ramener la paix dans l’est de l’Ukraine.

Le ministre n’a pas cité les pays concernés, mais l’Italie et la Hongrie sont les plus sceptiques au sujet des sanctions tandis que la Pologne et les pays baltes insistent pour maintenir la pression sur Moscou.

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a déclaré la semaine dernière qu’elle s’attendait à la prolongation des sanctions.

Préoccupés par la politique russe, et surtout par l’annexion de la Crimée, qui a fait tomber les rapports entre l’Ouest et la Russie à leur point le plus bas depuis la guerre froide, les pays membres de l’OTAN d’Europe de l’Est cherchent à renforcer la présence militaire de l’alliance dans la région. Le ministère lituanien de la Défense a indiqué récemment que l’Allemagne « planifiait de former un groupe-bataillon de l’OTAN » en Lituanie.

Pour M. Steinmeier, l’Occident ne peut ignorer la « violation du droit international » par la Russie, mais l’OTAN doit rechercher le dialogue avec elle. « Nous avons besoin d’un dialogue avec la Russie pour rebâtir la confiance perdue et réduire le risque d’être entraînés par inadvertance dans une spirale d’escalade ».

>> Lire : Paris vise une levée des sanctions contre la Russie cet été

Steinmeier a indiqué que l’OTAN évoquerait des déploiements supplémentaires au sommet de Varsovie en juillet. Il a insisté sur le fait qu’il « était bon » que le Conseil Otan-Russie se réunisse auparavant. « Nous avons besoin de la Russie pour affronter les principaux foyers de tension internationaux, tant en Syrie que dans nos efforts pour stabiliser la Libye ».