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28/09/2016

Les dirigeants européens craignent une accélération de la crise migratoire en 2016

L'Europe dans le monde

Les dirigeants européens craignent une accélération de la crise migratoire en 2016

Opération de sauvetage de Frontex.

[Frontex]

Si les arrivées de réfugiés ont fortement diminué en janvier 2016, dès que les conditions météo se rétabliront, un nombre « apocalyptique » de réfugiés s’abattra sur l’Europe, assure Boyko Borissov.

Selon Frontex, l’agence européenne de gestion des frontières, la plupart des 68 000 migrants arrivés en Grèce en janvier sont Syriens, Irakiens ou Afghans.

A titre de comparaison, 5 600 personnes, pour la plupart des Nigérians, sont arrivées en Italie en janvier. Il s’agit d’une réduction importante des arrivées – 40 % de moins en Grèce -par rapport au mois de décembre. Les experts attribuent cette baisse aux conditions météorologiques, étant donné que la grande majorité de ces migrants arrive par bateau.

Plus d’un million de réfugiés a atteint l’Europe l’année dernière. La majorité d’entre eux sont arrivés en bateau via la Grèce après être passés par la Turquie. Ce chiffre devrait être encore beaucoup plus élevé cette année, dès que la météo s’améliorera.

Prévisions « apocalyptiques »

Le 19 février, lors du sommet européen, le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, a assuré aux journalistes que les chefs d’État et de gouvernement européens avaient évoqué des prévisions « apocalyptiques » pour 2016.

« L’un après l’autre, mes homologues ont cité des chiffres apocalyptiques », a-t-il affirmé. « La Finlande, par exemple, assure qu’un million et demi de personnes attendent de l’autre côté de la frontière [en Russie]. Et nous ne parlons que de la Syrie, mais qui sait ce qui se passera dans d’autres pays ? Combien de personnes arriveront d’Égypte ? Cinq millions, selon certains. Ce ne sont pas mes estimations, mais celles de mes homologues. Combien arriveront d’Afrique, ou du Maroc ? D’Algérie, d’Iran, d’Irak, d’Afghanistan ? »

Boyko Borissov a également répété que l’UE devrait fermer ses frontières externes et garder ses frontières internes ouvertes. Selon lui, les réfugiés ne devraient pas être autorisés à entrer en Europe par la mer, mais seulement via des postes frontières déterminés et s’ils remplissent les conditions d’asile. Récemment attaquée par les pays du groupe de Visegrád, qui souhaitent qu’elle laisse entrer moins de migrants sur son sol, la Grèce a souligné qu’il serait inhumain et contraire au droit international de rejeter les migrants à la mer.

>> Lire : Pour les réfugiés, «la Hongrie n’a rien donné, pas même une couverture»

Le Premier ministre bulgare s’en est pris à l’idée des hotspots sur le territoire européen. Il estime que ces centres devraient être établis dans les pays voisins, afin que seuls les migrants remplissant les conditions nécessaires au statut de réfugiés et de demandeurs d’asile soient autorisé sur le sol européen. Les personnes acceptées seraient alors emmenées directement vers le pays de leur choix.

Lors d’une autre rencontre européenne, le premier ministre populiste de hongrie, Viktor Orbán aurait affirmé que 50 millions de Nigérians s’apprêtaient à entrer en Italie en passant par la Libye. Le Nigéria est un pays de plus de 180 millions d’habitants figurant sur la liste des pays « sûrs », ce qui complique l’obtention du statut de réfugiés.

>> Lire aussi : Le Portugal voit d’un bon œil l’arrivée de réfugiés