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11/12/2016

Les Européens doivent attendre une demande officielle pour intervenir en Libye contre l’EI

L'Europe dans le monde

Les Européens doivent attendre une demande officielle pour intervenir en Libye contre l’EI

Les Européens doivent attendre pour intervenir contre l’État islamique (EI) en Libye qu’un gouvernement libyen constitué et légitime leur en fasse la demande, estime la chef de la diplomatie de l’Union européenne Federica Mogherini, dans un entretien paru le dimanche 21 février dans la presse française.

« Défaire Daech efficacement ne peut se faire qu’en passant par un gouvernement libyen légitime et en charge de sa propre sécurité », a déclaré Mme Mogherini dans cet entretien au Journal du Dimanche, alors que des forces américaines ont effectué vendredi un raid contre le groupe djihadiste à Sabratha, à 70 km à l’ouest de Tripoli, qui a fait au moins 49 morts.

« En Libye, c’est aux Libyens d’affronter cette menace par eux-mêmes, alors que le peuple libyen est épuisé. Il faut mettre fin à ce chaos », a-t-elle ajouté.

« Nous soutenons depuis de longs mois les efforts pour la mise en place d’un gouvernement d’accord national. Les prochains jours seront cruciaux, avec le vote du parlement pour approuver le futur gouvernement. Si on veut les aider, c’est en leur faisant confiance, car ils connaissent leur pays mieux que nous. Le choix de demander un éventuel soutien pour combattre Daech leur reviendra », a-t-elle précisé.

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Le Premier ministre libyen désigné, Fayez al-Sarraj, a présenté le 20 février au Parlement de Tobrouk le programme de travail du nouveau gouvernement d’union nationale pour convaincre les députés de lui accorder leur confiance le 23 février.

Deux autorités principales se disputent le pouvoir en Libye, celle reconnue par la communauté internationale, installée dans l’est, et une autre, basée à Tripoli, sous le contrôle d’une coalition de milices, en partie islamistes.

« L’Europe », a encore déclaré Mme Mogherini, « est prête à fournir une aide technique pour l’aménagement des institutions, notamment les forces de police et de sécurité, le renforcement des municipalités libyennes qui constituent le plus grand réseau d’élus dans le pays, si le futur gouvernement le requiert ».

Les Occidentaux envisagent diverses solutions pour aider un gouvernement unitaire libyen à combattre l’EI, dont les forces sont estimées dans ce pays à plusieurs milliers de combattants. L’Italie, ancienne puissance coloniale, pourrait prendre la tête d’une initiative visant à sécuriser les autorités libyennes reconnues, et à leur donner les moyens de combattre les djihadistes.

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