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29/07/2016

L’Espagne demeure la destination Erasmus n°1

L'Europe dans le monde

L’Espagne demeure la destination Erasmus n°1

L’Espagne est le premier pays d’envoi et d’accueil d’étudiants participant au programme Erasmus, un « passeport » existant depuis presque 30 ans et grâce auquel plus de 500 000 Espagnols ont vécu en Europe. Il s’étend aujourd’hui au reste du monde, dont l’Amérique latine. Un article d’EurActiv Espagne.

«Erasmus n’est rien sans l’Espagne, et l’Espagne n’est rien dans le domaine de l’internationalisation de l’éducation sans Erasmus », a souligné, Pablo Martin Gonzalez, directeur du service espagnol pour l’internationalisation de l’éducation (SEPIE).

Selon lui, cette dimension internationale est la grande nouveauté du programme : la possibilité d’envoyer et de recevoir des étudiants et des enseignants dans le monde entier, sauf en Iran, dans les pays du Golfe, en Suisse et en Andorre.

L’Espagne, qui dispose d’un budget de 13,8 millions d’euros en 2016 pour la mobilité en dehors de l’UE, a reçu des demandes d’un montant total de 42,7 millions d’euros, précise le directeur du SEPIE, qui explique que les universités espagnoles sont dans le « top dix » des demandes, avec celle de Grenade en tête.

Avec la devise « changer des vies et ouvrir des esprits », le programme Erasmus fêtera en 2017 trois décennies de succès, et à ce jour, 3,3 millions d’Européens ont profité de cette plateforme pour poursuivre leurs études et vivre des expériences dans d’autres pays de l’UE.

Le programme s’appelle désormais Erasmus+, puisqu’il regroupe huit programmes différents, en plus du plus connu, centré sur le monde universitaire, qui donne son nom à tout le conglomérat.

>> Lire : Erasmus+ s’affirme comme le «sourire» de l’Europe

Financé à hauteur de 14,7 milliards d’euros par la Commission européenne pour la période 2014-2020, Erasmus+ est aussi axé sur les partenariats scolaires, la formation professionnelle, l’éducation des adultes et le sport et englobe la traditionnelle mobilité des étudiants et des professeurs ainsi que la coopération stratégique des institutions et la création d’instruments innovants.

En plus de l’Erasmus a proprement dit, le programme intègre donc Comenius (partenariats scolaires), Erasmus mundus (pour les masters), Leonardo da Vinci (formation professionnelle), Grundtvig (éducation des adultes), la jeunesse en action (éducation informelle des jeunes), Jean Monnet (études européennes) et le sport.

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Le budget global attribué à l’Espagne en 2016 est de 128,35 millions d’euros, soit 3,22 % de plus que l’année dernière. Le pays a comme priorité de promouvoir la participation de personnes défavorisées.

En définitive, il s’agit de « diffuser l’idée de l’Europe partout dans le monde, en améliorant l’image de l’éducation, de la formation et en prenant en compte les objectifs d’emploi, la réduction du taux d’abandon scolaire et l’augmentation des diplômés de l’éducation supérieure », a expliqué le directeur du SEPIE, qui a lui-même fait son Erasmus à Poitiers lorsqu’il était jeune.

Pablo Martin Gonzalez approuve tous les points d’un rapport de la Commission qui affirme qu’étudier à l’étranger avec une bourse Erasmus, en plus d’être une expérience enrichissante à de nombreux niveaux, aide ensuite les jeunes sur le marché du travail, puisque le programme réduit de moitié les chances d’être au chômage pour une longue période et augmente la probabilité d’occuper des postes à responsabilité dans les entreprises.

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Par ailleurs, l’étude révèle que les jeunes qui profitent du programme Erasmus reviennent dans leur pays plus confiants, plus tolérants envers les autres cultures, plus curieux, plus aptes à résoudre des problèmes et avec plus de compétences organisationnelles et plus de facilité pour s’adapter rapidement à de nouvelles situations.

Mesurer l’ampleur de cet impact « indéniable » sur la société espagnole est l’un des objectifs de Pablo Martin Gonzalez, qui a pris la tête du SEPIE au moment même où Erasmus+ est entré en vigueur.

Un autre objectif est de numériser le service pour accélérer la gestion et élargir encore davantage l’énorme éventail de possibilités qu’offre Erasmus+ à la formation pour tous.