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04/12/2016

L’UE espère trouver une solution à l’accord d’association avec l’Ukraine

L'Europe dans le monde

L’UE espère trouver une solution à l’accord d’association avec l’Ukraine

Petro Porochenko et Donald Tusk

[Conseil européen/Flickr]

L’Union européenne espère trouver une solution cette année pour l’application complète de l’accord d’association avec l’Ukraine et pour la suppression des visas exigés aux citoyens ukrainiens. Un article d’EurActiv Espagne.

« Je peux vous promettre que nous ne vous laisserons pas sur le bas-côté. Nous avons nos propres limites, mais nous poursuivrons nos efforts pour répondre à vos attentes », a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk, a son homologue ukrainien, Petro Porochenko, lors d’une conférence de presse clôturant un sommet bilatéral le 25 novembre.

À cette occasion, Donald Tusk a félicité le pays qui a mené « de grandes réformes dans des conditions extrêmement difficiles ». L’UE en a profité pour faire un bilan des relations bilatérales avec un partenaire qu’elle considère « clé » dans le système de livraison du gaz russe vers l’Europe, trois ans après la révolution ukrainienne sur la place Maidan.

« Il y a trois ans, le peuple ukrainien s’est levé pour la signature de l’accord d’association », a rappelé Petro Porochenko, qui a appelé à « sa ratification et sa mise en application totale ».

Obstacle néerlandais

L’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine, très critiqué par la Russie et qui inclut un traité de libre-échange, est en vigueur de manière provisoire depuis janvier 2015 jusqu’à ce que les 28 parlements le ratifient.

Pour le moment, l’écueil se trouve aux Pays-Bas où la majorité des citoyens s’y est opposée lors d’un référendum.

>> Lire : Moscou se réjouit du referendum aux Pays-Bas

« Mon objectif est clair : conclure le processus de ratification de l’accord d’association non seulement pour ses bénéfices économiques, mais surtout pour son sens géopolitique », a expliqué Donald Tusk.

Le responsable polonais a assuré qu’il travaillait « d’arrache-pied » avec le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, pour trouver une solution lors du sommet des dirigeants européens de décembre.

L’accord, « symbole de la lutte du pays pour notre avenir européen », porte déjà ses fruits, selon Petro Porochenko, avec notamment la hausse de plus de 5 % des exportations ukrainiennes vers le marché européen.

Question des visas

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, espère quant à lui que l’UE surmonte les derniers obstacles pour la libéralisation des visas des voyageurs ukrainiens avant la fin de l’année puisque l’Ukraine « a rempli sa part du marché ».

Les pays et le Parlement européen doivent encore se mettre d’accord sur le mécanisme de suspension des visas et sur la justification que les États membres pourraient donner pour les réintroduire. « Nous demandons aux Européens de respecter leurs engagements », a insisté Petro Porochenko à ce sujet.

>> Lire : Les Ukrainiens bientôt exemptés de visa malgré le référendum néerlandais

En ce qui concerne le conflit avec les séparatistes prorusses dans l’est de l’Ukraine, Donald Tusk a clarifié le fait que l’UE « continuait à lier » les sanctions imposées à Moscou pour son rôle dans la crise à la « pleine application » des accords de Minsk et a rappelé que le sujet serait abordé de nouveau durant le Conseil européen de décembre.

Influence de Trump ?

En ce qui concerne l’élection de Donald Trump, qui s’est montré proche du président russe, Petro Porochenko a assuré que son pays avait « un fort soutien bipartite au Congrès américain » et a signalé « nous n’espérons pas de changement significatif vis-à-vis de ce soutien ».

Quant à Donald Tusk, qui s’est aussi entretenu avec le futur président américain, il a affirmé que « sa réaction [avait été] au moins plus prometteuse que les annonces faites durant sa campagne électorale ».

En marge du sommet, les parties ont signé plusieurs programmes pour soutenir la décentralisation, la lutte contre la corruption et l’État de droit en Ukraine, et ce, dans le cadre d’un paquet promis par l’UE de 300 millions d’euros d’aide.

Par ailleurs, l’Union a confirmé aujourd’hui qu’elle verserait à Kiev six millions d’euros supplémentaires pour soutenir les politiques communautaires et l’ordre public et cinq autres millions pour soutenir l’Organisation de sécurité et de coopération européennes (OSCE) dans la zone de conflit, à qui elle a déjà apporté 25 millions d’euros.

Enfin, les deux parties ont signé un mémorandum d’accord pour l’association stratégique en énergie, qui prévoir une coopération renforcée sur diverses politiques liées à ce secteur.