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04/12/2016

Matteo Renzi menace de veto le budget de l’UE

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Matteo Renzi menace de veto le budget de l’UE

Renzi

Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a menacé de mettre son veto au budget de l’UE en raison de l’important afflux des immigrés dans la péninsule, qui se sent abandonnée par certains de ses partenaires européens.

« Nous donnons 20 milliards (d’euros) à l’Europe qui nous en restitue 12 et si la Hongrie, la République Tchèque et la Slovaquie nous font la morale sur les immigrés, alors permettez que l’Italie dise : le mécanisme ne fonctionne plus », a-t-il lancé au cours d’une émission sur la première chaîne de télévision publique RAI 1.

>>Lire : La Commission sanctionne l’Espagne et le Portugal mais pardonne l’Italie

Alors qu’on lui demandait si cela signifiait que l’Italie était prête à mettre son veto sur le budget communautaire, il a répondu « oui, absolument », sans entrer dans les détails.

Pas d’accueil, pas d’argent

Il a poursuivi ses attaques contre les pays de l’UE qui refusent de recevoir des migrants sur leur territoire.

« Si tu construis des murs contre les immigrés, tu peux oublier l’argent italien. Si les immigrés ne passent pas, l’argent ne passera pas non plus », a-t-il ajouté.

« Si l’Union européenne veut baisser les dépenses en Italie liées aux migrants, nous les baisserons. Qu’ils ouvrent leurs portes et nous baisserons les dépenses », a-t-il ajouté.

Budget italien sur la sellette

Le ministre italien de l’Économie et des Finances, Pier Carlo Padoan, a confirmé dans la soirée l’arrivée d’une lettre de la Commission européenne demandant des « éclaircissements » à l’Italie concernant son projet de budget 2017.

L’Italie a prévu un déficit public de 2,3% du PIB en 2017, bien supérieur aux attentes de Bruxelles, en raison des dépenses liées à l’accueil des migrants et des conséquences du tremblement de terre d’août dernier.

>>Lire : Le bilan provisoire du séisme italien s’alourdit

« Les éclaircissements demandés sont liés aux dépenses exceptionnelles pour le tremblement de terre et pour l’immigration », a déclaré M. Padoan lors d’une émission télévisée.

L’Italie, qui a vu débarquer près de 155.000 personnes sur ses côtes cette année, doit loger les milliers de nouveaux arrivants de ces derniers jours, alors que son réseau d’accueil est en surchauffe (168.000 personnes hébergées, contre 103.000 fin 2015).