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17/01/2017

Le Mercosur envisage un accord commercial avec le Royaume-Uni

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Le Mercosur envisage un accord commercial avec le Royaume-Uni

Les représentants du Mercosur sont à Bruxelles pour une semaine de négociations sur l’accord de libre-échange [Shutterstock/Pincasso]

L’UE et le Mercosur pourraient conclure un accord de libre-échange dans les deux prochaines années, selon le ministre argentin du Commerce, Miguel Braun. Après le Brexit, le bloc latino-américain serait aussi ouvert à un accord séparé avec le Royaume-Uni.

Les négociations commerciales entre l’EU et les pays du Mercosur suivent leur cours malgré la décision du Royaume-Uni de quitter le bloc et l’avenir incertain de l’UE quant à deux autres accords majeurs : le TTIP et le CETA.

Suite à l’échange d’offres en mai dernier entre l’EU et le Mercosur, des représentants des deux blocs se rencontrent à nouveau à Bruxelles cette semaine pour poursuivre les discussions sur l’accord de libre-échange.

« Le Mercosur s’est attaché à améliorer son offre et nous savons que nous pouvons travailler ensemble pour un meilleur accord », a expliqué le ministre argentin du Commerce, Miguel Braun, lors d’une visite à Bruxelles le 12 octobre.

Des négociations qui sommeillent depuis 2004

Les quatre membres actifs du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) ont commencé les négociations commerciales avec l’UE en 1999, mais les discussions ont été retardées à plusieurs reprises et complètement atones depuis 2004.

Après 12 ans de léthargie, elles ont repris en mai, quand l’UE et le Mercosur ont échangé leur première offre d’accès au marché. Ces dernières ont toutefois été qualifiées d’insuffisantes et ont dû être revues à la hausse.

>> Lire : Le Mercosur propose à l’UE un accord commercial ambitieux

Interrogé sur le possible impact d’un Brexit sur les négociations, Miguel Braun a répondu : « l’UE fait toujours partie de l’UE et nous sommes toujours en train de négocier avec toute l’Union ».

« Mais bien entendu un Brexit réduirait la taille du marché et certains problèmes devraient être résolus », a-t-il ajouté. « En même temps, nous sommes ouverts à un potentiel accord commercial avec le Royaume-Uni à l’avenir. »

Après des années d’impasse, l’Argentine espère que l’accord sera conclu rapidement. « En termes de négociation, nous sommes optimistes, nous avançons à un bon rythme, elles pourraient durer un ou deux ans. »

L’Argentin était néanmoins plus prudent quant à la durée du processus de ratification. « La seconde étape, la ratification, est plus incertaine » en termes de délai, a-t-il reconnu. « Les autres accords que l’UE est en train de négocier nous donnent des informations intéressantes sur les délais, les scénarios politiques, mais cela ne change rien à l’accord que nous ferons au mieux pour l’UE et le Mercosur. »

>> Lire : Les négociateurs abandonnent l’idée d’un compromis en 2016 sur le TTIP

Face à la situation des autres accords commerciaux, comme le TTIP avec les États-Unis ou le CETA avec le Canada, les représentants de l’Argentine restent optimistes. « Le Mercosur négocie un accord que nous jugeons le meilleur pour le Mercosur et pour l’UE, indépendamment des autres projets et nous ne pouvons pas vraiment spéculer sur la vitesse à laquelle les autres accords de l’UE seront conclus », a-t-il ajouté.

Nouvel appétit du Mercosur pour les accords commerciaux.

Le regain des discussions entre les deux blocs est le résultat du nouvel appétit des quatre pays latino-américains pour les accords commerciaux. Avec les récents changements au gouvernement brésilien, « nous sommes davantage synchronisés en matière d’affaires étrangères que l’année dernière par exemple », a souligné Daniel Raimondi, sous-secrétaire de l’intégration économique dans les Amériques et le Mercosur au ministère des affaires étrangères argentin.

L’élection du gouvernement libéral de Mauricio Macri en Argentine il y a un an a aussi contribué à la remise à l’agenda politique de l’accord Mercosur/UE.

>> Lire : Les agriculteurs européens craignent un accord avec le Mercosur

« Il existe désormais un large consensus sur le fait que le Mercosur doit négocier d’importants accords commerciaux », a expliqué Miguel Braun, en prenant pour exemple le Canada et la Corée.

Contexte

L'UE négocie actuellement un accord commercial avec le Mercosur dans le cadre de ses négociations pour un accord d'association birégional qui couvre aussi les piliers politiques et de coopération. Le Mercosur est composé de l'Argentine, du Brésil, du Paraguay, de l'Uruguay, du Venezuela et de la Bolivie, en cours d'adhésion.

L'objectif est de négocier un accord commercial complet, qui couvre non seulement les biens industriels et agricoles, mais aussi les services et les marchés publics et l'amélioration des règles de la propriété intellectuelle, des douanes, et des entraves techniques.

L'UE est le premier partenaire commercial du Mercosur, puisqu'elle représentait 20 % du commerce du bloc en 2013. Le commerce entre les deux partenaires s'élève à 110 milliards d'euros. Le Mercosur est pour sa part le sixième plus important marché d'exportation pour l'UE (toujours selon les données de 2013).

Les exportations du Mercosur vers l'UE sont des produits agricoles (43 % des exportations totales) et des matières premières (28 %), alors que l'UE exporte principalement des produits manufacturés vers le bloc, notamment des machines et des équipements de transport (46 % des exportations totales) et des produits chimiques (22 %).