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04/12/2016

L’offensive de Mossoul pourrait inciter les djihadistes européens à rentrer

L'Europe dans le monde

L’offensive de Mossoul pourrait inciter les djihadistes européens à rentrer

Le siège de Kobanî a été une autre étape importante de la guerre contre Daech.

Julian King, le commissaire à la sécurité, craint que l’offensive anti-Daech lancée à Mossoul n’ait des conséquences dangereuses en Europe. Thomas de Maizière, le ministre allemand de l’Intérieur, estime toutefois que la menace est déjà maximale. Un article d’EurActiv Allemagne.

Mossoul, place forte de Daech, est assiégée par les forces irakiennes et internationales. Une défaite du groupe islamiste rendrait plus probable le retour de « combattants dangereux » vers leur pays d’origine, dans l’UE. Une « menace sérieuse » à laquelle l’Europe doit se préparer, estime Julian King, commissaire européen à la sécurité.

Un avis qui n’est toutefois pas partagé par Thomas de Maizière, le ministre allemand de l’Intérieur, qui assure que cette menace pèse déjà sur l’Europe, comme les événements récents le démontrent.

L’offensive de Mossoul est considérée comme un tournant crucial pour la lutte contre Daech. Cette ville pétrolière du nord de l’Irak est le dernier bastion des islamistes dans le pays.

Le 16 octobre, le Premier ministre irakien, Haider al-Abadi, a ordonné le lancement officiel de l’opération, qui implique quelque 25 000 militaires. Outre les troupes irakiennes, les Peshmerga turcs, des forces d’élite américaines, des avions de reconnaissance allemands, et des troupes turques, et des soldats et militants shiites se sont joints à l’offensive.

Mossoul et ses environs abriteraient 2 500 combattants européens de Daech. Il est difficile de savoir si ces Européens décideront de rentrer chez eux pour éventuellement commettre des attentats. Les choix stratégiques que feront les islamistes pour défendre la ville détermineront probablement l’avenir de ces combattants.

Les analyses des plans de défense de Daech sont multiples. D’un côté, un groupe de militants de Raqqa a indiqué qu’un convoi entier de combattants a quitté la ville pour se réfugier à la frontière syrienne.

D’autres observateurs assurent cependant que les djihadistes continuent de gouverner la ville d’une main de fer, promettant la mort à quiconque tente de quitter la ville assiégée.

Il y a quelques jours, Jean-Claude Juncker, président de la Commission, a mentionné des « failles terroristes » qui pourraient permettre aux djihadistes de rentrer dans l’UE. Pour pallier cette possibilité, l’exécutif remet à nouveau son système européen d’autorisation et d’information concernant les voyages (ETIAS) sous les projecteurs.

>> Lire : Avec ETIAS, l’entrée dans Schengen va devenir payante

La Commission Juncker entend présenter une première proposition en novembre. Un porte-parole du ministère allemand de l’Intérieur a cependant expliqué à EurActiv que la raison d’être d’ETIAS n’était pas nécessairement compatible avec l’objectif d’empêcher les combattants étrangers de rentrer dans l’UE.