EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

08/12/2016

Un eurodéputé FN rejette la responsabilité de la crise migratoire sur George Soros

L'Europe dans le monde

Un eurodéputé FN rejette la responsabilité de la crise migratoire sur George Soros

Jean Luc Schaffhauser

L’eurodéputé français Jean-Luc Schaffhauser a reproché au milliardaire George Soros d’avoir financé des « infrastructures humanitaires » ayant entrainé un afflux incontrôlés de migrants aux portes de l’Europe et de gagner de l’argent en déstabilisant l’UE.

Jean-Luc Schaffhauser, membre du Front National et du groupe « Europe des nations et des libertés » au Parlement européen, s’est adressé à un petit groupe de journalistes pour la publication d’un rapport axé sur le rôle des pays voisins de l’UE dans la migration illégale.

Le rapport, écrit par Alexandre de Valle, un écrivain français, journaliste et chroniqueur politique, dénonce la Turquie et son « double jeu », c’est-à-dire son supposé projet secret vis-à-vis de l’UE dans le contexte de la crise de la migration. La crise de la migration, explique l’eurodéputé, n’est pas un « phénomène naturel », mais le résultat direct du comportement irresponsable des Occidentaux.

Selon lui, la crise a été précédée par l’établissement presque simultané d’une série d’associations pro-immigration, financées par les « Open Society Fondations » de George Soros.

« Nous faisons face à quelque chose que nous ne pouvons plus contrôler, quelque chose qui a été orchestré dans notre dos, d’une part à cause des événements, d’autre part en mettant en place des infrastructures humanitaires qui nous dictent la manière d’accueillir ces gens, et enfin par le lien douteux entre le crime organisé et certains États », a-t-il expliqué.

>> Lire : L’action de l’UE jugée incohérente en matière de migration

Le crime organisé, a-t-il continué, profite de la crise migratoire pour atteindre des objectifs politiques : déstabiliser, conquérir, diriger et faire chanter l’Europe, et se tenir prêts à envoyer à n’importe quel moment un flot massif de migrants.

La première chose à faire est de mieux comprendre la réalité, a déclaré Jean-Luc Schaffhauser. Ce dernier semble répéter les arguments du président russe Vladimir Poutine qui a expressément déclaré qu’il n’appréciait pas George Soros. Jean-Luc Schaffhauser est connu pour son soutien à un rapprochement franco-russe.

L’eurodéputé a précisé que le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, qui est affilié au parti de centre droit, le PPE, n’aimait pas non plus George Soros, qui est pourtant né en Hongrie.

« M. Orbán, qui a combattu le communisme, qui est patriote, n’aime pas M. Soros, car ce dernier est ‘apatride ‘. Je remarque qu’un certain nombre de personnes profitent de la déstabilisation pour se remplir les poches. Le crime organisé, qui n’est pas lié à M. Soros, a grandement profité de l’afflux de réfugiés. Cette déstabilisation permet aussi à certains à spéculer sur le prix du pétrole, des matières premières et de l’économie verte », a-t-il déclaré.

Mafia et finance

« Dans la finance, c’est pareil. Quand le marché est volatile et instable, c’est le paradis des spéculateurs. Ce n’est pas un hasard si la crise a largement profité à Mr Soros, et que depuis la crise financière de 2008, Mr Soros a triplé sa fortune. Et cela fonctionne encore mieux si vous êtes à l’origine de la crise. J’accuse donc Mr Soros de profiter des crises », a insisté l’eurodéputé.

>> Lire : La crise migratoire, préoccupation numéro 1 des Français

Jean-Luc Schaffhauser invite tout le monde à lire « Circus Politicus », des journalistes Christophe Deloire et Christophe Dubois, qui, selon lui, montre bien les liens entre la Commission européenne et le monde de la finance, ainsi que les sociétés secrètes.

Le Dr Pierre-Emmanuel Thomann, chercheur en géopolitique, a souligné le fait que des organisations comme l’initiative de stabilité européenne – un groupe de réflexion basé à Berlin, Istanbul et Vienne -recevaient un soutien financier de la Commission européenne. Selon lui, cette organisation « a ouvert une porte à la Turquie » et a possiblement inspiré l’accord UE-Turquie. Son objectif est de mettre en œuvre une stratégie américaine pour que tous les pays membres du Conseil de l’Europe rejoignent l’UE, sauf la Russie.

Pour Jean-Luc Schaffhauser aussi, il va de soi que l’organisation financée par George Soros et la Commission avait fait la promotion du « plan Merkel » avant même qu’elle n’y songe. « Nous sommes certains qu’Angela Merkel ne fait que reprendre un plan déjà préparé. »