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04/12/2016

Mark Rutte toujours enlisé dans les résultats de son référendum sur l’Ukraine

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Mark Rutte toujours enlisé dans les résultats de son référendum sur l’Ukraine

Le premier ministre néerlandais Mark Rutte.

[European Council/Flickr]

Lors du sommet européen des 20 et 21 octobre, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a exposé sa position vis-à-vis des résultats du référendum lors duquel ses compatriotes ont rejeté l’accord d’association UE-Ukraine.

Le 6 avril, les Néerlandais se sont opposés à un pacte européen avec l’Ukraine lors d’un référendum largement perçu comme un baromètre du sentiment eurosceptique. Une situation gênante pour un gouvernement alors en charge de la présidence tournante de l’UE et une onde de choc pour toute l’Union.

>> Lire : Les Néerlandais s’opposent à l’accord entre l’UE et l’Ukraine

Comme prévu, Mark Rutte a informé ses collègues des suites qu’il pourrait donner au référendum, lors du diner du  Conseil européen à Bruxelles. Néanmoins, il n’aurait obtenu que peu de soutien pour sa proposition d’ajouter une déclaration légalement contraignante à l’accord d’association pour dissiper les inquiétudes des électeurs.

Selon le journal, la Croatie et la République tchèque ont d’emblée rejeté l’idée d’une déclaration à force obligatoire. Les autres ont fait preuve de compréhension par rapport à la position de Mark Rutte mais ont hésité à lui apporter leur soutien en l’absence de proposition détaillée.

Selon le quotidien néerlandais de Volksrant, Mark Rutte a déclaré à ses homologues qu’il se trouvait dans une impasse politique. Il a clairement expliqué qu’il y avait pour l’instant peu de chances pour que le gouvernement de La Haye ratifie l’accord d’association. Il a dit avoir contacté plusieurs fois les principales parties prenantes dans l’UE et en Ukraine pour discuter du sujet ; sans pour l’instant être parvenu à formuler une proposition acceptable par le sénat et la chambre basse du parlement.

>> Direct : Migration, commerce et Russie au programme du sommet

Mark Rutte a ensuite déclaré qu’il continuerait à chercher une proposition acceptable par tous, même si le temps était compté avant le délai du 1er novembre fixé par le parlement.

« L’accord d’association ne peut pas être dissocié de l’instabilité de la région Ukraine/Russie », aurait assuré Mark Rutte. « Je veux éviter qu’une décision des Pays-Bas ait un impact négatif sur la stabilité de la région. »

D’autre part, Mark Rutte a rappelé qu’il lui fallait respecter le verdict des électeurs néerlandais. « Les électeurs ne doivent pas avoir l’impression d’avoir voté pour rien. »

Une semaine pour trouver une solution

« Quand les enjeux sont grands, il est de la responsabilité – voire du devoir – du gouvernement de prendre des décisions extrêmes pour aligner les intérêts domestiques et étrangers », a déclaré Mark Rutte.

Le président ukrainien, Petro Porochenko, qui se trouvait à Maastricht le matin même pour un sommet du PPE, s’est dit optimiste quant au fait que l’accord serait finalement ratifié par tous les membres de l’UE. Il s’est ensuite rendu à Bruxelles où il s’est entretenu avec le président du Parlement européen, Martin Schulz, su la volonté de l’Ukraine de voir la barrière des visas levée.