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02/12/2016

La Nouvelle-Orléans place ses espoirs dans le TTIP

L'Europe dans le monde

La Nouvelle-Orléans place ses espoirs dans le TTIP

Les crustacés de Louisiane bientôt au menu en Europe?

[Sean Davis/Flickr]

Dix ans après l’ouragan Katrina, la Nouvelle-Orléans est toujours en cours de reconstruction et mise sur le TTIP et l’Union européenne pour renforcer son économie.

« Après Katrina, nous avons dû nous réinventer. [La catastrophe] a créé beaucoup de créneaux commerciaux dans une ville où il était difficile de trouver du travail », explique Kim Priez, responsable du tourisme dans la ville américaine. Considéré comme « la pire catastrophe naturelle de l’histoire des États-Unis » par l’Agence fédérale des situations d’urgence (FEMA) l’ouragan Katrina a fait 1 833 victimes et obligé près d’un million de personnes à quitter leur foyer.

En 2005, l’ouragan Katrina a provoqué un glissement de terrain qui a détruit les digues protégeant la Nouvelle-Orléans, construite dans une zone marécageuse entre les rives du lac Pontchartrain, du Mississippi et de l’océan.

La reconstruction de l’agglomération, qui compte 1,3 million d’habitants, a été facilitée par une aide de 1,2 milliard d’euros débloquée par Washington. Pour des raisons financières, plus de 100 000 personnes ont toutefois décidé de ne pas revenir pour reconstruire leurs maisons. Selon le bureau des statistiques du travail américain, plus de 80 % des emplois privés ont été restaurés dès 2011, avec un taux de création d’entreprises 64 % plus élevé que la moyenne nationale.

À l’heure actuelle, plus de 70 entreprises européennes opèrent à la Nouvelle-Orléans, dans des secteurs comme l’industrie chimique, la pétrochimie et l’ingénierie.

« De nombreux investissements privés et publics européens ont été injectés à la Nouvelle-Orléans, spécialement depuis le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne et particulièrement dans le secteur de l’énergie », indique Dominik Knoll, directeur exécutif du World Trade Centre de la ville.

Ces dernières années, la région a diversifié son économie et créé des emplois dans les biosciences, les médias numériques, l’environnement, l’énergie, le commerce international, les techniques de transformation avancées et le tourisme.

« Nous sommes en faveur du libre-échange. Nous reconnaissons les avantages d’accords comme le partenariat transpacifique, l’accès au marché de la Colombie et le TTIP pour les consommateurs », assure Kristi App, vice-président du développement commercial chez J.W.Allen, une entreprise de transport international.

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Elle souligne que selon certaines études, « les échanges commerciaux entre les États-Unis et leurs partenaires de libre-échange doubleront d’ici cinq ans ». L’élimination des obstacles non tarifaires et l’accès au marché européen prévu par l’accord donneront un élan considérable au commerce.

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« Nous nous concentrons sur la promotion des produits que nous avons déjà. À l’heure actuelle, le marché européen est difficile d’accès, surtout à cause des barrières non tarifaires », explique Edward Hayes, chargé de la politique commerciale au World Trade Centre de la Nouvelle-Orléans.

Il indique que la signature de l’accord de partenariat entre Bruxelles et Washington devrait faire augmenter les exportations d’aliments transformés vers l’Europe, et notamment des fruits de mer et du poisson, un secteur important dans le golfe du Mexique.

Le TTIP ouvrirait le marché européen à Cholin Delaune, propriétaire d’une usine de transformation de crevettes, huîtres et crabes. Comme pour rassurer les nombreux détracteurs du TTIP en Europe, il assure par ailleurs que de nombreuses entreprises américaines souhaitent élever leurs normes sanitaires et leur processus de certification afin qu’ils correspondent aux normes européennes.

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« L’amélioration de l’étiquetage et de la traçabilité nous intéresse beaucoup, cela bénéficierait à nos entreprises », estime Cholin Delaune, qui ajoute être opposé aux OGM, interdits dans l’UE, qui constituent une des pierres d’achoppement des négociations entre Bruxelles et Washington. « Nous ne voulons pas de produits altérés », explique le producteur. Nous avons une vision négative des produits transgéniques et ne voulons pas y être associés, ce qui nous intéresse, c’est la qualité. »

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Depuis l’élimination des obstacles tarifaires il y a 20 ans, les États-Unis importent 90 % de leur consommation totale de crevettes depuis l’Inde, la Thaïlande, la Malaisie, le Viêtnam, l’Équateur et le Mexique.

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Contexte

 

Les négociations entre les États-Unis et l'Union européenne sur le partenariat transatlantique pour le commerce et l'investissement (TTIP) ont débuté en juillet 2013.

La ratification du Partenariat transatlantique pourrait avoir un impact sur près de 40 % du PIB mondial. Les échanges commerciaux de biens et services entre l'UE et les États-Unis figurent déjà parmi les plus intenses de la planète et représentent 2 milliards d'euros par jour.

>> Lire : Le TTIP pour les nuls (en anglais)