EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

07/12/2016

Pour Orbán, la libéralisation des visas turcs est «impossible»

L'Europe dans le monde

Pour Orbán, la libéralisation des visas turcs est «impossible»

Viktor Orbán [site du gouvernement hongrois].

[Webseite der ungarischen Regierung].

Viktor Orbán, le Premier ministre hongrois, estime « impossible » d’autoriser les ressortissants turcs à voyager dans l’UE sans visa, contrairement à la promesse faite par l’UE à la Turquie.

« Les pays européens ne sont pas capables de tenir la promesse qu’ils ont faite à la Turquie », a déclaré le Premier ministre hongrois lors d’un entretien avec un quotidien brésilien également publié sur le site du gouvernement.

L’accord entre l’UE et Ankara prévoit que la Turquie reprenne les migrants arrivant en Grèce depuis ses côtes, en échange de la suppression des visas pour les Turcs voyageant en Europe, et ce dès le mois d’octobre. Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a déjà menacé d’« inonder l’Europe de migrants » si la libéralisation des visas n’a pas lieu.

>> Lire : Ankara menace à nouveau d’inonder l’Europe de réfugiés

La décision dépend du respect de l’accord sur les migrants et des conditions préalables prévues par l’UE, mais aussi de l’approbation unanime de la mesure au Conseil de l’UE et au Parlement européen. En annonçant son véto, la Hongrie signerait l’arrêt de mort de l’accord.

Dans son interview à Rio, Viktor Orbán estime que la libération des visas pour les citoyens turcs est « un énorme problème, et un sujet très sensible », mais qu’il n’est pour sa part pas inquiet des menaces d’Ankara.

« La Turquie est incapable de mettre ces menaces à exécution parce que la frontière hongroise est également l’entrée vers l’Europe et que nous protégeons à 100 % notre frontière », a-t-il certifié.

La frontière hongroise est le seul accès à l’espace Schengen dans la région. La Bulgarie et la Roumanie ne sont en effet pas encore membres de Schengen et la Grèce n’est pas en mesure de fermer ses frontières, notamment sur les îles. Tout comme les autres membres du groupe de Visegrád, la Hongrie estime que la Grèce devrait donc être exclue de Schengen et qu’une vraie frontière devrait être établie plus au nord.

>> Lire : Les pays de Visegrád veulent revoir les frontières de l’UE

Viktor Orbán a également commenté la situation en Turquie après le coup d’État manqué du 15 juillet. « S’il n’y a plus de stabilité en Turquie, cela causera un problème pour toute la région. Nous devons soutenir le gouvernement turc », a-t-il insisté, avant de souligner que la peine de mort, dont la réautorisation est envisagée par Ankara, éloignait la Turquie d’une adhésion à l’UE.

Le quotidien brésilien a confirmé que le Premier ministre avait également assuré qu’en termes de politique étrangère, il serait meilleur pour l’UE que Donald Trump l’emporte sur Hillary Clinton aux élections américaines.

À la question de savoir s’il soutenait réellement le candidat républicain, il aurait répondu : « Oui. La politique étrangère de Donald Trump serait meilleure pour [l’Europe]. Les démocrates estiment que l’arrivée de migrants en Europe ne doit pas être contrôlée, ce qui est très dangereux. Donald Trump est favorable au contrôle des migrants. Il est en outre opposé à la construction de la démocratie dans d’autres pays, et je suis d’accord sur ce point ».