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25/09/2016

Orbán fait une tournée européenne pour un «Schengen 2.0»

L'Europe dans le monde

Orbán fait une tournée européenne pour un «Schengen 2.0»

Viktor Orbán [site du gouvernement hongrois].

[Webseite der ungarischen Regierung].

Le Premier ministre hongrois a entamé une tournée des capitales européennes pour promouvoir sa contre-proposition aux solutions mises sur la table par Bruxelles en matière de protection des frontières extérieures de l’UE et de libre circulation.

Viktor Orbán a présenté son plan « Schengen 2.0 » lors d’une réunion de l’International démocrate centriste (IDC) à Lisbonne, le vendredi 15 avril.

Le Premier ministre a expliqué que le plan était nécessaire parce que la proposition de la Commission européenne pour gérer la crise migratoire était « malavisée ».

L’exécutif souhaite réformer le système d’asile alors que la Hongrie considère qu’il faut « protéger les frontières », a déclaré Viktor Orbán, un des vice-présidents de l’IDC, une organisation internationale des partis centristes d’orientation chrétienne-démocrate.

Le plan d’action sera aussi présenté aux pays du groupe de Visegrad (Hongrie, République tchèque, Slovaquie et Pologne) et à d’autres premiers ministres européens dans les prochains jours. La semaine prochaine, Viktor Orbán présentera sa proposition en personne en Allemagne, et dans d’autres pays européens dans les semaines à venir.

>> Lire : Le plan secret d’Orbán pour arrêter les réfugiés

Le Premier ministre hongrois considère qu’« il est inacceptable – comme ce serait le cas avec la proposition de la Commission – que quelqu’un à Bruxelles décide que les pays européens doivent résoudre leurs problèmes démographiques et économiques grâce à l’immigration ».

« Certains pays dans l’UE souhaitent peut-être résoudre leurs problèmes de cette manière, mais d’autres non », a-t-il déclaré à Lisbonne, tout en précisant que la Hongrie faisait partie de ce deuxième groupe car le pays préférait résoudre ses problèmes grâce à des politiques économiques et familiales prudentes.

« En d’autres termes, l’UE ne peut pas créer un système dans lequel elle laisse entrer les migrants et imposer ensuite des quotas obligatoires de réinstallation pour chaque État membre ». Le Premier ministre a expliqué que c’était pour cette raison qu’un référendum en Hongrie sur le système de quotas était important, car « maintenant, nous avons la proposition de Bruxelles sur la table, et la pression est énorme. […] Si nous n’arrêtons pas Bruxelles avec un référendum, ils nous imposeront […] des masses de population, avec qui nous ne souhaitons pas cohabiter ».

En février dernier, Viktor Orbán a annoncé la tenue d’un référendum sur le mécanisme européen de quotas de relocalisation.

La Commission européenne a affirmé que ce projet de référendum était contraire à la stratégie décidée pour gérer la crise des réfugiés.

Mécanisme de quotas contesté

En novembre dernier, la Slovaquie a annoncé qu’elle engagerait une action en justice contre le mécanisme de relocalisation qui prévoit de répartir 160 000 réfugiés et migrants à travers l’UE.

>> Lire : Pourquoi la Slovaquie poursuit l’UE sur le système des quotas

La décision de Bratislava sera probablement suivie par Prague. En effet, la République tchèque n’exclut pas de porter plainte si l’Union européenne tente de mettre en place un système de quotas permanent pour répartir les demandeurs d’asile, a déclaré le Premier ministre, Bohuslav Sobotka, le 17 avril.

Le dirigeant tchèque considère peu probable que l’Union approuve le système permanent de quotas. « Je pense que la ligne d’opposition sera imposante », a-t-il déclaré lors d’un débat télévisé le 17 avril. « Envisageons une action en justice contre la proposition quand le moment sera venu ».