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07/12/2016

L’OSCE appelle à plus de coopération contre le terrorisme

L'Europe dans le monde

L’OSCE appelle à plus de coopération contre le terrorisme

Frank-Walter Steinmeier [Wikimedia]

Que faire pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme violent ? Des représentants de nombreux pays se sont retrouvés à Berlin pour essayer de trouver une réponse à cette question lors d’une conférence de l’OSCE. Un article d’EurActiv Allemagne.

En février, un incident à Hanovre a fait la une des médias : une adolescente de 15 ans, apparemment liée à l’État islamique, a poignardé un policier allemand. Safia S., la germano-marocaine en question, aurait été en contact avec Daech lors d’un séjour en Turquie.

Elle représente l’exemple type des défis auxquels font face de nombreux pays du monde. De fait, la menace du terrorisme international s’accroit et prend une nouvelle dimension.

« Il faut porter davantage d’attention à ce phénomène relativement nouveau des femmes terroristes », a déclaré Frank-Walter Steinmeier, ministre allemand des Affaires étrangères et actuellement président intérimaire de la conférence de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) à Berlin. En effet, de plus en plus de cas de femmes et de jeunes filles, comme Safia S, sont accusées d’extrémisme violent. Environ 20 % des extrémistes sont des femmes, originaires de milieux aisés.

>> Lire : «Le Royaume-Uni est mieux dans l’UE pour combattre le terrorisme »

Un des enjeux sécuritaires les plus urgents est de savoir pourquoi et comment ces individus ont décidé de rejoindre des organisations terroristes. Thomas de Maizière, le ministre allemand de l’Intérieur, a quant à lui souligné des chiffres importants : sur les 4 500-5 000 personnes qui ont quitté l’Europe pour faire le djihad, 810 personnes sont parties d’Allemagne pour rejoindre Daech en Syrie ou en Irak.

Si les services de sécurité ont enregistré moins de départs ces derniers temps, Thomas de Maizière a averti du danger que représentaient les Européens qui reviennent, parce qu’ils « ont appris à haïr et à tuer ». Il a également ajouté qu’un grand nombre de salafistes en Allemagne sont « très aliéné et brutalisés ». Les meneurs charismatiques et la propagande sur Internet sont des terreaux aussi fertiles que les prisons pour les organisations terroristes. Des « mesures douces » devraient donc être mises en place parallèlement aux « mesures dures », estime-t-il.

Certains pays sont trop concentrés sur des mesures répressives, a pour sa part déclaré Frank Walter Steinmeier, dans ce qui pourrait être une pique à la Russie. Le représentant russe présent à l’événement, le ministre des Affaires étrangère Oleg Syromolotov, a pour sa part appelé les États à ne pas se mêler des stratégies de contreterrorisme des autres pays.

Le ministre allemand a néanmoins souligné que la coopération internationale était la seule  possibilité de succès dans le domaine.

Une des mesures proposées insiste particulièrement sur l’échange des dossiers de passagers (PNR) entre tous les États de l’OSCE, notamment ceux d’Asie centrale. À ce jour, seuls 20 des 57 membres de l’organisation ont adhéré à ce projet.

>> Lire : L’aérien réclame des normes uniformisées pour un PNR mondial

Jan Kleijssen, du Conseil de l’Europe, a également appelé à plus de coopération avec le secteur privé, et à une attention accrue pour « les plateformes les plus importantes du terrorisme » : Internet et les médias sociaux. Il a ajouté que l’échange d’information, comme prévu par la convention de 2015 sur la prévention du terrorisme du Conseil de l’Europe, doit absolument être appliqué de manière urgente.

La conférence de Berlin n’a cependant pas abouti à une décision sur la question. Le ministère allemand des Affaires étrangères devrait toutefois prendre de nouvelles mesures importantes d’ici la fin de l’année.