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11/12/2016

La menace Trump plaide pour une ratification rapide de l’accord de Paris

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La menace Trump plaide pour une ratification rapide de l’accord de Paris

Donald Trump

L’accord de Paris sur le climat doit entrer en vigueur le plus rapidement possible pour contrer les conséquences d’une possible élection de Donald Trump aux États-Unis. Un article de notre partenaire, Der Tagesspiegel.

L’accord sur le climat de la COP 21, signé en décembre 2015 à Paris, est en bonne voie pour devenir l’accord le plus rapidement ratifié de l’histoire de l’ONU. La principale raison de cet empressement semble être le désir de sauver l’honneur avant une possible élection du candidat républicain à la Maison-Blanche.

Le 21 septembre, le Bundestag allemand s’est hâté de soutenir la loi qui permettrait au pays de ratifier l’accord. La proposition législative devrait être finalisée le 22 septembre, avant que le projet de ratification soit soumis au Bundesrat, le comité de représentation des Länders (ou États) allemands, le 23 septembre.

Pour trouver un autre exemple d’action aussi rapide du Parlement et des représentants des régions, il faut remonter à la décennie précédente et à la crise financière. Ce processus accéléré semble avoir été choisi pour permettre à Joachim Glauck, le président, de signer la loi avant le début de la COP 22 à Marrakech, en novembre.

Berlin a été prise de panique après le sommet du G20, début septembre, après la ratification de l’accord par les plus gros producteurs de gaz à effet de serre, la Chine et les États-Unis.31 autres pays, donc le Brésil et le Mexique, ont formalisé leurs procédures de ratification lors du sommet onusien qui vient de se terminer à New York. Avant cela, 29 pays avaient déjà complété le processus. L’accord a donc été ratifié par un nombre de pays responsable de près de 50 % des émissions.

>> Lire : Accord de Paris sur le climat : le bal des ratifications s’ouvre à New York

L’accord devrait donc se concrétiser, puisqu’il est prévu qu’il entre en vigueur 30 jours après que les pays responsables de 55% des émissions l’auront ratifié. Il existait une autre condition, déjà remplie : qu’au moins 55 pays ratifient le texte.

Si l’UE avait réagi aussi rapidement que Pékin ou Washington, l’accord serait déjà appliqué, puisqu’à eux trois, la Chine, les États-Unis et l’UE représentent le volume d’émissions prévu. L’union a cependant eu du mal à s’organiser. La Commission a ainsi exigé que les 28 soient prêts dès le début de l’année prochaine, sans pour autant décider d’une date précise.

Après le sommet du G20, le président de l’exécutif, Jean-Claude Juncker, a dû réaliser que si l’accord entrait en vigueur sans l’UE, celle-ci perdrait tout à fait sa position de leader dans le domaine climatique. Après le travail de diplomatie déployé lors de la conférence de Paris, la France fait pression depuis des mois pour que le processus accélére.

Le ministère allemand de l’Environnement a demandé à son équipe juridique de trouver un moyen pour que le pays ratifie l’accord de son côté, sans devoir suivre le rythme du reste de l’UE. Une option qui ne s’annonce cependant pas envisageable.

La raison de ce branle-le-bas de combat pourrait en réalité tout simplement être la possibilité bien réelle d’une élection de Donald Trump à la présidentielle américaine. Le candidat républicain affirme depuis longtemps ne pas croire au changement climatique et a menacé de retirer le pays de l’accord. Un retrait qui serait cependant plus compliqué si l’accord était déjà en place: le chef d’Etat attendre entre un et quatre ans pour faire marche arrière sur l’engagement de son pays.

>> Lire : Les excès de Trump rendent Hollande malade

Cette période d’attente est en effet prévu en cas de retrait total de la Convention-cadre de l’ONU sur le changement climatique de 1992. Le président américain pourrait aussi contrer l’accord de Paris dans son ensemble, en supprimant toute la législation liée au climat mise en place durant le mandat d’Obama. Donald Trump a ainsi déjà menacé de supprimer l’agence de protection environnementale, qui régule les émissions de CO2 des centrales énergétiques.

Pourtant, même si les États-Unis finissent par faire marche arrière, ils ne pourront jamais invalider l’accord si celui-ci est déjà en vigueur. L’UE et les pays qui n’ont pas encore ratifié le texte savent donc ce qu’il leur reste à faire.

>> Lire : L’UE tente d’accélérer pour ratifier l’accord de Paris sur le climat