Les Bruxellois manifestent contre la politique anti-réfugiés Trump

Des manifestations ont eu lieu dans toutes l'Europe pour dénoncer les politiques de Donald Trump.

A Bruxelles, quelque 300 personnes se sont rassemblées pour protester contre les mesures anti-réfugiés de l’administration Trump ainsi que la politique migratoire de l’Europe. 

Lundi midi, 300 personnes se sont rassemblées face à la Bourse de Bruxelles, l’endroit même où ont eu lieu les commémorations après les attentats du 22 mars 2016, pour dénoncer l’interdiction de voyager imposée par les États-Unis aux ressortissants de sept grands pays musulmans et le gel du programme américain d’accueil des réfugiés.

Plusieurs Américains ont pris la parole lors de la manifestation, exprimant leur opposition au nouveau gouvernement américain. L’un d’entre eux s’est excusé au nom de tous les électeurs ayant voté pour le nouveau président. « Comme la plupart des Américains, je n’ai pas voté pour cette chose qui occupe la Maison-Blanche », a-t-il assuré.

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Nombre de manifestants souhaitent également voir un changement dans les politiques d’asile et d’immigration européennes. Des manifestations similaires ont eu lieu un peu partout en Europe et dans le monde, et notamment à Londres, où des milliers de personnes se sont massées devant la résidence de la Première ministre, Theresa May, qui a rencontré le président américain il y a quelques jours et est vivement critiquée pour son attitude lors de cette rencontre. Elle a notamment invité le président américain à venir à Londres, un geste « prématuré », selon d’anciens membres de l’administration britannique, qui place la reine dans une position difficile, puisqu’elle doit confirmer officiellement l’invitation ou l’annuler.

Solidarité

Anton Schuurmans, conseiller politique belge de 28 ans, a participé à l’organisation de la manifestation aux côtés de Stijn Croes, assistant S&D au Parlement européen. « Dans les grandes villes, et spécialement à Bruxelles, la deuxième ville la plus diverse au monde, une ville d’immigration, nous sommes solidaires de tous les citoyens des États-Unis. Les origines ethniques et la religion n’ont pas d’importance tant que l’on veut construire un pays ensemble », affirme-t-il. « Ne pas ériger de murs, mais des ponts, entre les gens, c’est la chose la plus importante. »

Joseph Ngongo, un étudiant belge de 18 ans, estime que l’UE doit autant revoir sa politique migratoire que les États-Unis. « L’an dernier, 5 000 personnes sont mortes en Méditerranée. Je trouve cela facile de regarder les États-Unis et dire qu’ils sont racistes, mais ici, en Europe, nous avons aussi un tas de politiques racistes. Il faut y mettre un terme », conclut-il.

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« Les dirigeants européens devraient vraiment prendre position et réagir à ce qui se passe », pense quant à elle Aurore Guieu. « Et si nous nous retrouvons face à ce type de politiques dans les quatre ans à venir, il me semble évident que nous devrions revoir nos politiques d’asile et d’immigration pour tenter de les rendre les plus inclusives possible. »

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Pour Jonathan Hill, Britannique vivant à Bruxelles, l’important est de résister : « Il est important de dire ce que l’on pense, de manifester, de résister. Je pense que les Européens se rendent compte que tout cela vient d’un seul homme. Nous nous rendons compte que ce n’est pas l’Amérique, et nous croyons encore en l’Amérique et en ses valeurs, c’est pour ça que nous sommes ici aujourd’hui, pour défendre l’Amérique symbole d’espoir et de liberté. »

« Les États-Unis étaient déjà très en retard en ce qui concerne l’accueil des réfugiés », rappelle pour sa part Leonor Guariguata, étudiante. « Il est très décevant de se rendre compte que nous n’avons rien appris de la Deuxième Guerre mondiale et du très grand nombre de réfugiés juifs qui ont été refoulés à ce moment-là. »

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