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28/09/2016

Martin Schulz admet l’échec des quotas de réfugiés

L'Europe dans le monde

Martin Schulz admet l’échec des quotas de réfugiés

Martin Schulz à la conférence de Bratislava.

[Consilium]

Au début du sommet de Bratislava, le 16 septembre, le président du Parlement européen a admis que le système de relocalisation des réfugiés selon des quotas obligatoires ne fonctionnait pas, et que les pays de Visegrád s’apprêtaient à proposer une alternative.

Les dirigeants des 27 États membres (sans le Royaume-Uni) se sont rencontrés le 16 septembre pour un sommet informel sur l’avenir de l’UE et certaines questions urgentes, comme la crise des réfugiés.

>> Lire : La sécurité au cœur des discussions à Bratislava

Ce sommet est « l’un des plus importants », pour Martin Schulz, le président du Parlement européen. Après le référendum britannique du 23 juin, les dirigeants européens doivent décider quel type d’UE ils veulent, a-t-il indiqué, « l’UE sera aussi forte que ses États membres la font ».

Le président du Parlement a déclaré espérer que le sommet soit une démonstration de la volonté d’union des capitales. Les conclusions du sommet devraient « se concentrer sur ce qui nous unit, au lieu d’approfondir les écarts qui nous divisent ».

Dans ce contexte, EurActiv a voulu savoir si les questions controversées ne devraient pas être écartées, et si les mesures comme le système de quotas obligatoires de migrants à relocaliser ne devrait pas être abandonné, étant donné qu’il s’est en outre révélé inefficace.

Martin Schulz a assuré que ce sujet serait « intensivement discuté » lors de la rencontre. Il a rappelé aux journalistes que toutes les mesures prises concernant la crise des réfugiés l’avaient été dans le cadre du traité de Lisbonne. La Slovaquie a cependant fait appel contre le système.

>> Lire : Pourquoi la Slovaquie poursuit l’UE sur le système des quotas

« Nous voyons que malgré un cadre juridique correct, [la relocalisation] ne fonctionne pas. J’imagine que ceux qui estiment que le système doit être changé feront des propositions », a-t-il expliqué, ajoutant que c’est ce qu’il avait entendu de la part de Robert Fico, le président slovaque, et du groupe de Visegrád.

Une solution qui fonctionne

« Toutes ces propositions sont les bienvenues. Je fais partie de ceux qui pensent que si une solution contraignante ne fonctionne pas, il est mieux d’avoir un système sur base volontaire qui fonctionne, ou une combinaison des deux, dans l’intérêt des réfugiés », a-t-il continué.

>> Lire : L’Allemagne demande d’allouer 10 % du budget européen à la crise des réfugiés

« Nihiliste bruxellois »

Le président du Parlement a rencontré Viktor Orbán, Premier ministre hongrois, le 16 septembre au matin. L’eurodéputé a mentionné un commentaire dénigrant du Premier ministre à propos de plusieurs dirigeants européens, notamment les deux Spitzenkandidat du PPE et de l’ALDE, ainsi que lui-même, candidat du S&D.

« Viktor Orbán a récemment décrit Messieurs Juncker, Verhofstadt et moi-même comme des ‘nihilistes’ des élites bruxelloises. C’est la première fois dans ma vie que je m’entends décrire comme une élite. Cela me réjouis, mais en tant que nihiliste, je ne le savais pas », a-t-il rétorqué en souriant.

Martin Schultz a poursuivi en expliquant avoir dit au Hongrois que plutôt que de discuter de ses qualifications, il aimerait « parler de ce que nous avons en commun ».

« Ça a été une confrontation très ouverte et finalement très positive parce que même avec Viktor Orbán j’ai senti la même volonté de trouver des conclusions calmes », a-t-il indiqué. Étant donné la situation, il ne se considère ni optimiste, ni pessimiste quant aux rapprochements entre différentes factions européennes.

>> Lire : La Hongrie annonce un référendum sur les quotas de migrants

Il a cependant clairement indiqué être opposé au transfert de pouvoir de Bruxelles vers les capitales. Cela relèverait du 19e siècle, et ce n’est pas avec des vieilles solutions comme cela que nous relèverons les défis du 21e siècle.