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02/12/2016

La chute des investissements n’inquiète pas Bangkok

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La chute des investissements n’inquiète pas Bangkok

Le tourisme est l'un des piliers de l'économie.

Le ministre des Finances thaïlandais se réjouit de l’issue d’un référendum, qui va donner une constitution militaire au pays. Le plongeon des investissements étrangers ne l’inquiète pas outre mesure.

Les généraux thaïlandais se sont emparés du pouvoir en 2014 en promettant de mettre un terme à des années d’instabilité politique et de remettre en marche une économie stagnante.

Pourtant, à l’heure actuelle, la situation du pays est loin d’être merveilleuse. L’UE a en effet gelé les négociations entamées avec la Thaïlande pour un accord de libre-échange, lui préférant le Vietnam et Singapour, et le secteur de la pêche, une part clé des importations, est menacé d’un interdit à cause de pratiques de pêche et d’emploi illégales.

>> Lire : La Thaïlande risque un «carton rouge» de l’UE pour sa pêche illégale

La junte militaire a réussi à ramener le calme dans une nation politiquement turbulente, mais uniquement en écrasant les dissidents et en interdisant les manifestations politiques. Et l’économie reste le point faible du régime. Un endettement des ménages élevé, des exportations en chute libre et une confiance des consommateurs basse ont freiné la croissance dans ce qui était, il y a quelques années, l’économie exemplaire de la région.

L’investissement étranger est en effet en pleine dégringolade depuis que les militaires ont pris le pouvoir. Et les derniers chiffres officiels indiquent que la tendance s’accentue. Les investissements provenant du Japon, le plus important investisseur étranger dans le pays, sont ainsi passés de 2,7 milliards de dollars à 810 millions de dollars entre la première moitié de 2015 et la même période en 2016. L’investissement nord-américain a pour sa part été divisé par dix, passant de 660 millions à 67 millions. Celui de l’UE a dégringolé d’un milliard à 260 millions.

La Chine est l’un des rares pays à avoir augmenté son investissement sur cette période, puisque les 159 millions de la première moitié de 2015 se sont transformés en 723 millions cette année.

Lors d’un briefing avec des journalistes le 18 août, le ministre des Finances, Somkid Jatusripitak, a cependant assuré être serein face à cette déconfiture. « Je pense que nous ne devrions pas regarder en arrière, il y a de l’espoir devant », a-t-il assuré, ajoutant que le référendum et les élections prévues pour fin 2017 avaient réduit les incertitudes politiques.

« Le climat d’investissement s’est amélioré, autant pour les locaux que pour les étrangers », assure-t-il. « Au niveau national, depuis le référendum, les incertitudes politiques de réduisent grandement. »

Le 7 août, la majorité des Thaïlandais ont voté en faveur de l’élaboration d’une nouvelle Constitution, qui sera la 20e que connait le pays. Les observateurs notent cependant que seul 59 % de la population a voté, et qu’il était interdit de faire campagne de manière indépendante.

Le régime militaire assure que cette nouvelle Constitution apportera une certaine stabilité au pays, et mettra fin à la corruption dans les cercles politiques civils. Les critiques estiment quant à eux que le document ne fera qu’assurer la mainmise de l’armée sur la politique.

Les troubles politiques du pays ne sont cependant qu’une des raisons de la chute de l’investissement étranger. Le pays vit un vieillissement rapide de la population et est confronté à une concurrence nouvelle de la part de ses voisins, comme le Vietnam et le Cambodge, des pays aux populations plus jeunes, où la qualité de l’éducation s’améliore et les salaires sont encore très bas.

Le conseil national d’investissement a annoncé vouloir attirer un total de 15,9 milliards de dollars en investissements étrangers pour 2016. Les deux secteurs prometteurs de l’économie restent le tourisme et les grands projets d’infrastructures financés par le gouvernement. Ces deux secteurs assurent à eux seuls la croissance. L’économie a en effet crû de 3,5 % dans le 2e trimestre de cette année, dépassant légèrement les prévisions.

La Banque mondiale estime cependant que sur l’ensemble de l’année, la croissance de la Thaïlande n’excédera pas les 2,5 %, un chiffre peu élevé comparé aux autres « tigres » du sud-est de l’Asie.

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