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03/12/2016

Ankara bloque la visite d’eurodéputés à un dirigeant kurde emprisonné

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Ankara bloque la visite d’eurodéputés à un dirigeant kurde emprisonné

Sergei Stanishev

Le 21 novembre, les autorités turques ont empêché une délégation de députés nationaux et européens de rendre visite au chef de file du principal parti kurde du pays, en prison depuis presque trois semaines.

La délégation, composée d’une douzaine de membres du Parti socialiste européen (PSE) souhaitait rendre visite au responsable du Parti démocratique des peuples (HDP), Selahattin Dmirtas, dans une prison d’Edirne, au nord-ouest de la Turquie.

Ils se sont toutefois fait arrêter par la gendarmerie turque sur la route menant à la prison et ont tenu une conférence de presse au pied levé dans la rue, a déclaré un correspondant de l’AFP.

Seuls les avocats de Selahattin Dmirtas ont été autorisés à lui rendre visite. Ce dernier fait partie des dix députés du HDP emprisonné. L’autre dirigeant du parti, Figen Yuksekdag a aussi été écroué suite à leur arrestation au début du mois.

« Aucun compromis »

Ils sont accusés d’être membres de, ou de promouvoir, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), hors la loi, et sont répartis dans plusieurs prisons du pays en attendant leur procès.

>> Lire : Les partisans de Fethullah Gülen donnent leur version du coup d’État turc

« Il n’est pas abandonné, il n’est pas seul, notre famille politique est solidaire avec lui », a déclaré le président du PSE et eurodéputé bulgare, Sergei Stanishev, qui a fait le voyage aux côtés d’eurodéputés et de députés de Suède, de France et d’Autriche.

L’ancien Premier ministre bulgare a ajouté qu’il se pourrait qu’il n’y ait « aucun compromis » politique, alors que la Turquie cherche à entrer dans l’UE depuis longtemps.

Hisyar Ozsoy, vice-président du HDP en charge des affaires internationales, a reproché aux autorités de ne pas laisser Selahattin Demirtas avoir de la visite. « Il y a un grave problème d’isolement […] ils ont réduit ses relations avec le monde extérieur au niveau le plus bas », a-t-il déclaré.

Arrestations

Selon le HDP, plus de 50 maires pro-kurdes ont aussi été arrêtés durant la répression, le dernier ayant été détenu lundi 21 novembre est le maire de Mardin, Ahmet Turk.

Les critiques reprochent aux autorités d’utiliser l’état d’urgence imposé au lendemain du coup d’État du 15 juillet pour sévir contre toute l’opposition et pas seulement contre les instigateurs présumés du putsch.